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12/11/2014

« De l'ôt côté de l'iau » avec les bacs de la Seine

La Seine coupe notre belle Normandie en deux. Entre Rouen et la mer, sur une distance de quelque 130 km, malgré ses bancs mouvants et ses chenaux capricieux, elle s'est plus ou moins docilement prêtée aux passages des hommes d'une rive à l'autre. Pendant longtemps, les embarcations vont être le principal moyen de traverser le fleuve. En effet, celles à fond plat ont, lorsque la basse mer le permettait, côtoyé un temps des passages à gué comme celui qui existait à Aizier, en prolongement de la grande voie romaine vers Lillebonne.  bacs de seine2.jpg

 Le passage d'eau de Yainville avant 1914

Les premiers bacs se résument à un plateau ou « bachot » avec un simple « plat-bord » que l'on manœuvre à l'aviron ou à la perche. C'est ainsi que le corps de Guillaume le Conquérant fut ramené de Rouen jusqu'à Caen par un moine fidèle, passant la Seine en aval de Caudebec-en-Caux.

Sous l'ancien régime, le privilège de passage est âprement discuté entre les seigneurs locaux et les moines des abbayes, en une sorte de monopole lié à la possession des terres bordant le fleuve. L'exploitation est louée à des « fermiers », propriétaires du matériel et percevant les droits. Une cloche, accrochée à chaque rive, permet à chacun de solliciter le passage.

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On a dénombré, en aval de Pont-de-l'Arche, jusqu'à une cinquantaine de points de passage. Nombre d'entre-eux ont aujourd'hui disparu. En cause, bien sûr la motorisation des bacs mais surtout la construction des trois grands et majestueux ponts qui enjambent le fleuve : celui de Tancarville (1959), de Brotonne (1977) et de Normandie (1995) . Toutefois, huit bacs à moteur continuent à permettre à plus de 10 millions de passagers chaque année de traverser la Seine autrement.

 

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Après la voile, l'apparition de la vapeur change radicalement la physionomie des transports fluviaux. En 1831, le premier bac à vapeur relie Rouen à La Bouille. En 1868, il est suivi par celui de Caudebec, « L'Union », le bien nommé, équipé d'une roue à aubes faite de palettes de bois, qui transporte jusqu'à 120 personnes et 8 véhicules. En 1908, le passage de Quillebeuf est assuré par un bac, « L'Ampère », dont la roue à aubes est mue par l'électricité. Et si, à partir de 1930, des hélices vont remplacer les roues à aube, dans les années soixante, les moteurs à vapeur vont laisser place au Diesel.

 

Biblio. « De l'autre côté de l'eau... avec les bacs de la Seine » de A. Vernon – Patrimoine Normand n°48 – 2003/2004.

Merci au site  bacsdeseine.over-blog.com

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