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24/09/2014

Notre plus lointain ancêtre ressemblait-il à un gorille, un orang-outang ou un chimpanzé ?

C'est une question que ne se posent pas seulement les généalogistes ! Descendons-nous en droite ligne d'un singe ? Voici la réponse que proposait le journaliste Olivier Tosseri* dans un article publié récemment dans la revue Historia :

 

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« On sait aujourd'hui que le singe n'est pas notre grand-père mais notre cousin. Le terme « singe » comme celui de « primate » ou d'« animal », inclut l'homme.

L'image selon laquelle l'être humain descend du singe nous vient de la théorie de l'évolution de Darwin. Il publie « L'Origine des espèces par le moyen de la sélection naturelle, ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie » en 1859. On y lit que comme il naît beaucoup plus d'individus de chaque espèce qu'il n'en peut survivre et que, par conséquent, il se produit souvent une lutte pour la vie, il s'ensuit que tout être, s'il varie, même légèrement, d'une manière qui lui est profitable, dans les conditions complexes et quelquefois variables de la vie, aura une meilleure chance pour survivre et ainsi se retrouvera choisi d'une façon naturelle. En raison du principe dominant de l'hérédité, toute variété ainsi choisie aura tendance à se multiplier sous sa forme nouvelle et modifiée.

 

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Vulgarisée, cette thèse a imposé une conception gradualiste, qui voudrait que les animaux s'élèvent progressivement vers l'espèce humaine au cours de l'évolution. Il existerait ainsi des êtres intermédiaires, un chaînon manquant, entre les chimpanzés et nous. Si ce raisonnement a suscité de vifs débats, il a pourtant fini par s'imposer. À tel point qu'en 1912 un faussaire réussit à faire croire l'existence d'un tel ancêtre en assemblant des morceaux de squelettes d'homme et d'orang-outang. L'Homme de Piltdown, du nom du village anglais où il a été découvert, dupe une communauté scientifique crédule, d'autant plus naïve qu'elle y voit une source de fierté nationale : l'Empire britannique est alors à son apogée et persuadé de sa supériorité.

Cependant, si l'homme de Néandertal et l'homme de Cro-Magnon ont été découverts en Allemagne et en France, rien n'a encore été mis au jour en Grande Bretagne. Les Anglais tiennent là une formidable revanche. Mais au fil du temps, plusieurs autres ossements humains sont trouvés, et un « arbre généalogique » de l'homme se constitue. L'Homme de Piltdown, lui, ne colla pas avec cette chronologie, et son origine devient de plus en plus difficile à expliquer, avant que la supercherie ne soit définitivement prouvée dans les années 1950 grâce à la datation au carbone 14.

Mais si l'homme et le singe partagent 95% de leurs caractères génétiques et 60% de leur anatomie, les scientifiques ont renoncé à chercher un chaînon manquant. Ils privilégient désormais un ancêtre commun d'une espèce qui aurait vécu il y a 13 millions d'années. L'évolution humaine s'est donc faire de manière plus « buissonnante » que linéaire. Nous somme de la même famille que les singes, mais on s'était juste trompé de lien de parenté ».

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 *« Nous descendons en droite ligne du singe » de O. Tosseri publié dans la revue Historia.

 

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