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16/07/2014

Comment se faire un nom...

 … quand on est né simple roturier à Carhaix en Bretagne ? C'était le cas de ce valeureux Premier Grenadier de la République, qui comptait dans ses veines qu'« une goutte de sang ardennais et un flot de sang breton », mais hélas, aucun sang bleu !

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 Théophile-Malot de La Tour d'Auvergne-Corret (1743-1800)

Jusqu'à ses 23 ans, il s'appelait Théophile Malo Corret (1743-1800). Fils de l'avocat Olivier Corret et de son épouse Jeanne Lucrèce Salaün, il serait né à Saint-Hernin où son père était régisseur du château de Kergoat et aurait été baptisé à Carhaix. C'est de sa mère qu'il tenait son goût pour « les noms à particule ». Celle-ci, entichée de noblesse, devenue en troisièmes noces madame Billonois, se faisait déjà appeler madame « de » Billonois.

Dans un premier temps, Théophile choisit de se faire appeler « Corret de Kerbeauffret » à l'instar de ces bourgeois dénoncés par Molière qui, sans être de condition noble, faisaient suivre leur patronyme d'un nom de terre non seigneuriale.

Loin d'être satisfait par son nouveau patronyme, à force de chercher, notre breton finit par trouver beaucoup mieux ! Il découvrit "miraculeusement" qu'il était le digne descendant d'un certain Henri Corret, enfant des amours illicites du prince Henri de la Tour d'Auvergne-Bouillon (1611-1675), plus connu sous le nom de Turenne, et d'Adèle Corret ! Rien que ça !

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 Portrait du Duc de Bouillon - (Jean-François Colson, 1775)

Bien sûr, restait à le prouver ! Pour ce faire, il devint l'ami d'un descendant du duc de Bouillon, Godefroy Charles Henri de La Tour d'Auvergne (1728-1792). Grâce à un coup de baguette ducale, c'est-à-dire un courrier officiel du duc attestant une souche commune, le bas breton Théophile Malo Corret, ex-Corret de Kerbeauffret, se transforma le plus légalement du monde, le 20 mai 1785, en un fringant Théophile-Malot de La Tour d'Auvergne-Corret !

Pour gagner en authenticité, il décida d'octroyer à ses frères et sœurs le nom qu'il venait d'acquérir. Ainsi, son frère cadet Thomas-Louis Corret sera enterré sous une dalle gravée « Thomas de La Tour d'Auvergne, Chevalier de Corret ».

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Le prince de Bouillon, comte d'Evreux, qui avait obtenu par le crédit de La Tour d'Auvergne la restitution de ses biens (la famille de La Tour d'Auvergne était une branche bâtarde de celle de Bouillon), lui offrit une terre, rapportant 10 000 livres de rentes, chez nous, en Normandie, à Beaumont-le-Roger, dans l'actuel département de l'Eure. Mais il la refusa au motif élégant qu'il ne voulait pas mettre de prix à ses services... Noble sentiment, n'est-ce-pas ?

Biblio. « Étonnantes histoires de France et de Navarre » de D. Appriou – Larousse 2013.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

Commentaires

Je vous vante pour votre éditorial. c'est un vrai état d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : auto ecole paris | 20/07/2014

Merci pour cet encouragement et bel été à vous !

Écrit par : Cathy | 20/07/2014

Je vous approuve pour votre paragraphe. c'est un vrai état d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : invité | 12/08/2014

Les commentaires sont fermés.