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23/08/2015

22 août 1914, le brouillard de Rossignol

Qui se souvient que le 22 août 1914 est le jour le plus meurtrier de l'histoire de notre patrie ? Que ce jour là, 27 000 soldats français seront tués dans les Ardennes belges, soit quatre fois plus qu'à Waterloo et autant que pendant toute la guerre d'Algérie qui dura de 1654 à 1962 ? Qui se souvient encore aujourd'hui de la bataille de Rossignol, un épisode, l'un des plus sanglants, de cette « bataille des frontières » ?

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À la sortie de Rossignol, un petit village de Lorraine belge situé à l'extrémité sud-est de la Belgique, la route de Neufchâteau forme, sur cinq kilomètres, un couloir de quelques dizaines de mètres de large pour un peu plus d'une centaines de mètres de long. Un traquenard parfait d'autant que, traversant la forêt, impénétrable comme toutes les forêts de cette région, la voie est bordée de prairies marécageuses...

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À 8 h du matin, ce jour-là, le brouillard est épais mais le temps s'annonce beau. Les forces allemandes marchent vers le sud, les forces françaises remontent vers le nord. Nos soldats, la 3ème DIC (division d'infanterie coloniale française), un corps d'élite entre tous constitué en majorité d'engagés volontaires qui ont déjà vu le feu, viennent de franchir la Semois, un affluent de la Meuse. La veille, ils ont marché durant presque tout le jour. Les hommes ont à peine eu le temps de manger. Ils sont arrivés au cantonnement par une pluie battante, harassés de fatigue. Repartis au lever du jour, ils avancent en colonne sur cette portion de route, entre Rossignol et Neufchâteau. Ils ignorent que l'ennemi les y attend !

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Disposés en embuscade, de part et d'autre de la voie, les allemands ont mis en place « un véritable entonnoir de feu, dense et continu » qui se referme sur les troupes françaises impuissantes à se défendre. La bataille fait rage, les luttes sont violentes et les combats sanglants. Jusqu'à la fin de l'après-midi, nos soldats vont tout tenter pour résister ! Mais au soir, quand le « cessez le feu » retenti, la 1ère brigade coloniale n‘existe plus en tant qu’unité constituée. Le 1er R.I.C. compte près de 2.500 tués et blessés ; le 2e R.I.C., 2.850 et le 3e R.I.C., 2.085. Quant au 7e R.I.C., le moins éprouvé par les combats, il totalisera tout de même 1.500 pertes.

La population civile ne sera pas épargnée : le dimanche 23 août, l'ennemi mettra le feu au village et, deux jours plus tard, 108 habitants de Rossignol seront arrêtés puis fusillés.

"Tous ces héros sont des hommes" (Jean Norton Cru)

 

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