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30/04/2014

Le mois de Mai...

 « La rosée de mai

fait tout beau ou tout laid."»

Le joli mois de mai doit-il son nom au latin « maius » donné par les Romains en l’honneur de la déesse « Maïa » la fille d’Atlas et la mère de Mercure ? Ou au latin « majores » qui signifie hommes âgés, donné en leur honneur par le premier roi romain Romulus qui a consacré le mois suivant, celui de « Juin »,  aux « juniores », les jeunes gens ?  

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Vulcain et Maia (Bartholomeus Spranger- 1585)

Quoi qu’il en soit, c’est en mai que les Romains fêtaient la déesse Flore, épouse de Zéphire. On en retrouve une survivance dans les jeux floraux, concours de poésie tenus à Toulouse tous les 3 ans le 3 mai.

Charlemagne (742-814)  l’appelait le « mois des prairies » et naturellement, dans le calendrier républicain, il est devenu « Floréal ».

Au Moyen-âge, dans Les Très Riches Heures du Duc de Berry (1416), on illustre le mois de mai par la cavalcade traditionnelle du 1er mai où des jeunes gens vont à cheval en forêt, précédés de joueurs de trompettes, chercher des rameaux qu’ils porteront sur la tête ou autour du cou.

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Selon la tradition chrétienne, mai est le mois de la vierge Marie. Parce que considéré depuis l’Antiquité comme défavorable au mariage, il était réservé exclusivement aux baptêmes et aux communions. C’est aussi au cours de ce mois qu’on fête l’Ascension, le jour où, selon les Evangiles, le Christ a quitté le monde pour s’élever dans les cieux.

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Mois de réjouissances, puisque le 1er mai est le jour où l’on offre traditionnellement un brin de muguet porte-bonheur aux personnes qu’on aime, et que c’est aussi celui de la fête internationale du travail.  C’est également en mai, le 8, que l’on commémore  la Victoire de 1945. Et c’est encore en Mai, le 25, que toutes les mamans sont mises à l’honneur.

D’après la tradition, le temps qu’il fera en mai serait celui qu’il a fait le 29 décembre de l’année précédente. Ce jour-là, en Normandie, le ciel alternait entre passages nuageux et belles périodes ensoleillées avec des températures de saison.

Biblio. « Almanach de la mémoire et des coutumes 1980 » - Hachette 1979

27/04/2014

Tarte normande à la rhubarbe

C'est, semble t-il, Marco Polo (1254-1324), célèbre marchand vénitien, qui, le premier, introduisit en Europe la rhubarbe. Au service de l'empereur mongol Kubilaï Khan, il l'aurait ramenée de Chine. Elle serait née au nord de l'Asie, entre l'ouest de la Sibérie à la Mongolie. Au pays du soleil levant, on ne l'utilisait que pour ses vertus médicinales et notamment ses propriétés anti-inflammatoires. Et c'est d'abord pour celles-ci qu'elle fut cultivée chez nous. Ce n'est qu'à partir du XVIIIe siècle qu'on découvrit vraiment cette plante potagère qu'on va cependant considérer comme un fruit.

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De la famille des polygonacées, la rhubarbe tire son nom du latin « rhu » qui signifie tige. Appréciant les sols frais et humides, elle se plaît énormément en Normandie et apparaît sur nos marché dès les mois d'avril ou de mai.

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Elle fait merveille dans des recettes salées comme sucrées : compotes, tartes, confitures, coulis mais aussi en boissons rafraîchissantes, en sorbets et même en vin !

Et pour vous, aujourd'hui, amis gourmands aux babines alléchées, ce sera une tarte normande à la rhubarbe* : simple, facile et délicieuse !

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Il vous faut 300 g de pâte brisée, 1kg de rhubarbe, 200 g de sucre en poudre.

Éplucher la rhubarbe et la couper en petits morceaux. Mettre ces morceaux à macérer dans un bol avec le sucre pendant une heure pour que la rhubarbe rende son eau.

Au bout de ce temps, séparer le sirop des morceaux de rhubarbe. Réserver ce sirop. Foncer un rond à pâtisserie. Mettre les morceaux de rhubarbe sur la pâte et faire cuire à four chaud à 230° pendant 30 minutes environ. Pendant la cuisson faire réduire le sirop en chauffant dans une petite casserole jusqu'à cinq ou six cuillerées à soupe.

Après 20 minutes de cuisson, napper la tarte avec le sirop. Remettre au four pendant 10 minutes.

Bon appétit !

*Recette extraite de « Bonnes recettes d'une famille cauchoise » de F. Auger – Ed. Bertout 2002.

23/04/2014

La légende du château d’Alençon

Modifié et agrandi à maintes reprise, puis presque totalement détruit en 1592 par la volonté du roi Henri IV (1553-1610), il ne reste plus grand-chose du premier château fort d’Alençon élevé dans le courant du XIe siècle par Yver de Criel, premier seigneur de Bellême : trois tours, dont l’une porte le nom de Tour couronnée à cause de sa forme. Cette tour couronnée défendait un pont-levis donnant sur le parc.

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D’après la légende, elle a été la résidence d’une jeune châtelaine appelée Marie Anson. Celle-ci, d’une très grande beauté, avait un mari aussi jaloux que brutal, le chevalier Renaud, qui aimait partir à la guerre.

C’est au retour d’une de ces absences que le mari trompé aurait découvert son infortune :  Marie avait mis au monde un fils.  S’estimant trahi et bafoué, il fit attacher sa femme  à la queue d’un cheval sauvage qui traîna l’infortunée dans tous les détours du parc du château jusqu’à ce que «  N’y avait arbre ni buisson qui n’êut sang de Marie Anson ».

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Il ne donna l’ordre de suspendre le supplice qu’au moment où la victime, brisée, déchirée, sanglante, était près de rendre le dernier soupir. Car, non content d’avoir assouvi sa haine et tué l’enfant, le cruel mari voulait justifier sa vengeance en arrachant à la coupable l’aveu de sa faute. Il se présenta devant sa femme mourante, et, l’abusant par un déguisement sacrilège, il réclama sa dernière confession à titre de ministre du Seigneur. Mais cette ruse n’eut pas le résultat escompté : jusqu’à son dernier soupir, la belle ne cessa de clamer son innocence. Elle jura n'avoir jamais trahi son époux et ajouta qu’elle lui pardonnait sa propre mort mais pas celle de son fils tué avant même d’avoir été baptisé.

 

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"Dame blanche au sommet d’une tour". Gravure de L. Benett –

« Le Château des Carpathes » de J. Verne (1892)

 

Ravagé par la tristesse et les remords, le Chevalier se pendit. Quant à Marie Anson,  

« De la Dame du Parc, c'est ainsi qu'on l'appelle,
L'ombre ne reste point à la tombe fidèle ;
De la terre qui s'ouvre elle part comme un trait ;
El la nuit de Noël, on la voit chaque année,
Revenir au sommet de la Tour Couronnée ;
Elle y jette un grand cri, s'élance et disparaît. »

 

Biblio : "Récits et contes populaires de Normandie -1-" J. Cuisenier – Gallimard 1979.