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02/02/2014

Le chirurgien d'autrefois

Quel est celui d’entre nous, amis généalogistes,qui n’a pas eu la surprise de découvrir dans ses ancêtres la présence d’un chirurgien ! Mais voilà, les chirurgiens de l’Ancien Régime n’ont pas grand-chose à voir avec ceux que nous connaissons aujourd’hui !

A la veille de la Révolution, la France compte dix fois plus de chirurgiens que de médecins, soit environ 25 000 chirurgiens. On en trouve dans les villes, les bourgs et même certaines paroisses rurales. Supérieurs en nombre, ils sont néanmoins socialement bien inférieurs, et de loin, à leurs confrères. La plupart des chirurgiens n’ont jamais fréquenté l’Université ! Ce sont des travailleurs manuels, de modestes praticiens ayant acquis l’essentiel de leur savoir grâce à l’apprentissage puis à l’expérience.

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Aux XVIe et XVIIe siècles, le chirurgien est le plus souvent chirurgien-barbier. Il s’occupe des soins du corps mais aussi du rasage de ses clients, voire de l’entretien de leurs perruques. Tout ce qui est de l’exercice de la main sur le corps de l’homme est de sa compétence et « l’art de raser et de faire le poil » en fait donc partie. Son rôle n’est pas de soigner. D’ailleurs, pour cela, le malade se tourne plus aisément vers Dieu et vers ses saints que vers le médecin !  Il faut dire que pour guérir un patient ce dernier ne dispose en vérité que de très peu d’armes! On saigne, on purge ou on met à la diète. Éventuellement, on opère, mais sans connaître les anesthésiques et les antiseptiques. Quant à la pharmacopée, elle est bien impuissante face aux fléaux du temps : la peste, la variole ou la dysenterie.

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Si le chirurgien pratique les saignées, courantes à l’époque, il ne s’intéresse qu’aux maux externes : blessures, abcès, rages de dents,… A l’inverse du médecin qui ne touche que très peu son patient et ne pratique sur lui aucun acte manuel, le chirurgien est capable d’isoler une fracture et de la réduire mais aussi d’amputer. Il est aussi en mesure de diagnostiquer une tumeur et, lorsqu’elle est accessible au toucher, à parvenir à en déduire le volume et certaines de ses connexions et  il pratique le toucher vaginal ou rectal.

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A partir du XVIIIe siècle, l’État organise la formation des professionnels de la santé. Dès lors, la communauté des chirurgiens va se détacher clairement de celle des barbiers perruquiers et progressivement la profession va évoluer. Déjà, à la tête de chacune des quelque 400 communautés de chirurgiens va être placé un lieutenant du « premier chirurgien du roi » chargé de veiller aux compétences des jeunes acceptés dans la profession. Une déclaration royale accompagne le mouvement en imposant l’ouverture d’un enseignement de chirurgie dans toutes les villes de communauté, ce qui, dans les faits, n’est appliqué que dans les principales villes du royaume. On va ainsi distinguer le « chirurgien de grande expérience » de celui dit « de petite expérience » qui ne dispose d’aucune formation théorique approfondie. A Paris, en 1731, la société académique de chirurgiens, qui prendra en 1748 le nom d’Académie royale de chirurgie, achèvera de donner ses lettres de noblesse à la profession. En Normandie, ce n’est qu’en 1762, qu’est créé à Rouen le premier collège de chirurgiens.

Dès le début du XIXe siècle, médecins et chirurgiens, tous formés par l’Université, participeront ensemble aux révolutions médicales à venir.

 

Biblio : «Médecins et chirurgiens du XVe au XIXe s. » - Nos ancêtres – Vie et Métiers – N°18 – Mars-Avril 2006.

Merci au site http://jumieges.free.fr

Commentaires

Effectivement, j'ai quelques chirurgiens parmi mes ancêtres et la seule chose qui les relie est une écriture de bonne qualité et une signature recherchée.

Au moins, leur expérience leur donnait-elle une culture plus importante que celui qui ne quittait jamais sa paroisse !

Écrit par : Olivier | 04/02/2014

Je vous félicite pour votre recherche. c'est un vrai œuvre d'écriture. Continuez .

Écrit par : cliquez ici | 11/08/2014

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