05/03/2014

Un normand à l’origine de la culture du Café aux Antilles

Savez-vous que l’on doit à un normand l’implantation en Martinique du premier plan de café et sa culture dans plusieurs îles des Antilles ?

Gabriel-Mathieu d’Erchigny de Clieu est né à Dieppe en 1687. Son père, Mathieu de Clieu est Seigneur et patron de Erchigny, de Neuvillette, et d'Anglequesville-sur-Saâne. Le jeune Gabriel-Mathieu commence ses études au Havre mais choisit très jeune d’entrer dans la Marine Royale. Il y fait ses premières armes et, en 1702, intègre la compagnie des Gardes de la Marine au Havre, puis celle de Rochefort l’année suivante avant d’être promu enseigne de vaisseau en 1705. Il n’a que 18 ans !

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Gabriel-Mathieu d’Erchigny de Clieu

Chevalier de Saint-Louis en 1718, c’est en capitaine d’infanterie de marine qu’il est envoyé à la Colonie de Martinique. Le pays est en émoi : un violent cyclone a détruit la totalité des plantations de cacao. Le capitaine de Clieu, ayant constaté l’engouement de ses contemporains pour le café et convaincu du potentiel économique qu’il représente, pense qu’on pourrait très facilement le faire prospérer ici. En 1721, profitant d’un séjour à Paris, il multiplie les démarches et finit par obtenir deux plants de café de type arabica. Ils descendaient de l’un des quatre plants offerts en 1713 au roi Louis XIV (1638-1715) par le Maire d’Amsterdam !  

Il s’embarque à Rochefort pour les Antilles le 29 novembre 1720 sur la flûte « Le Dromadaire avec le titre de Capitaine de compagnie. Durant toute la traversée, il veille jalousement sur son trésor allant même jusqu’à rogner sur sa propre ration d’eau pour les arroser quotidiennement. Il les a placés à l’abri, dans une caisse de bois recouverte d’un châssis faisant office de serre. Mais la traversée est longue et très mouvementée : attaque de pirates, tempête suivie d’une chaleur accablante, … Malgré  des soins  scrupuleux, un des deux plants va mourir. Heureusement, le second, « pas plus gros qu’une marcotte d’œillet » arrive en vie en Martinique !

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De Clieu le met en terre aussitôt. A son grand soulagement, son jeune plant s’acclimate fort bien et, au bout d’une vingtaine de mois, il obtient sa première récolte de café !

Très vite ensuite, les plantations vont s’étendre dans toutes les Antilles et principalement en Guadeloupe où de Clieu exerce comme Gouverneur de 1737 à 1753, tout en poursuivant sa carrière dans la Marine royale. En moins de trois ans, on compte par millions les Caféiers de nos Antilles ! Et en 1780, la France devient le premier producteur mondial de café !

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Promu Lieutenant puis capitaine de vaisseau, commandeur de Saint-Louis, de Clieu est promu par le roi Louis XVI (1754-1793) Grand-Croix de l’ordre de Saint-Louis, peu de temps avant de s’éteindre à Paris, le 29 novembre 1774.  Les « Affiches de Normandie » vont dresser de lui ce portrait flatteur : « Il était aimé, respecté et estimé de tout ce qui le connaissait ; il fut le père des pauvres, surtout des familles nombreuses, mariant et dotant les filles indigentes des villages voisins de sa terre. Comme ses jours furent comptés par des bienfaits, il ne pouvait manquer d’être regretté de tous ceux qui le connaissaient ».

 

Merci au site www.ghcaraibe.org et aux pages wikipédia sur le sujet

 

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