13/04/2014

Colin-Maillard : origine héroïque ou galante ?

On y a tous joué quand on était petit ! Colin-Maillard ! Rappelez-vous ! Les yeux bandés, alors que les chassés tournent autour de vous en évitant de se faire toucher, il faut réussir à en attraper un et à le reconnaître au toucher...

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Mais d’où vient ce nom de "Colin-Maillard" alors que, pratiqué chez les Grecs, Pollux, le précepteur de l’empereur romain Commode (161-192), le décrit sous le nom de « myunda » ?

Deux origines sont communément émises. La première est héroïque, la seconde est plus galante.

Pour les uns, Colin-Maillard serait un preux chevalier liégeois du nom de Johan Coley et surnommé Maillard en raison de son habilité à manier le maillet.

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Série aux armes d'Epinal. N° 173, Histoires & scènes humoristiques, contes moraux, merveilleux. Origine héroïque du jeu de colin-maillard

Lors d’une bataille livrée contre le comte de Louvain, Lambert Ier dit le Barbu (988-1015), ennemi du roi Robert le Pieux (972-1031), ce chevalier de Huy aurait été cruellement frappé en plein visage.  Ayant perdu la vue, il aurait continué à se battre à mort, frappant au hasard autour de lui. C’est en hommage à ce brave qu’aurait été institué plus tard par le roi un tournoi amical « à armes émoussées » où un chevalier, les yeux bandés, se battait seul contre tous. On dit que Godefroy de Bouillon (1060-1100) l’aurait à sept reprises remporté !

Le visage aux yeux crevés est bien représenté sur une sculpture en pierre du portait de Johan Coley Maillard dit « Le Grand Maillard » et de sa femme Jeanne de Seille réalisée sur une des cheminées monumentales de l'ancien Château familial de Landreville dans les Ardennes.

Pour les autres, il s'agirait du confesseur du roi Charles VIII (1470-1498), le père Maillard, qui reprochait souvent à son souverain ses aventures amoureuses. Ce serait pour se moquer du Cordelier, qu’à l’issue d’un souper à la cour, l’une des favorites aurait imaginé de lui bander les yeux et de le diriger à sa fantaisie en l’appelant « Colin ». Car, dans l’ancien vocabulaire des jeux, « Colin » signifiait  « celui qui s’y colle ».

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Le jeu de Colin-Maillard – N. Lancret – 1690

Parmi les jeux de Gargantua, Rabelais (1494-1553) cite le jeu de Colin-Maillard qu’il nomme « colin-bridé », « casse-pot » et « mousque », en référence à « la  mouche d’airain », le nom romain de ce jeu.

Maillard aurait été ajouté plus tard. Il désignait le bâton destiné à pousser une boule. Et l’on sait qu’au XVIIIe siècle, on donnait au colin une baguette pour désigner son prisonnier afin qu’il ne puisse pas deviner son identité en le tou­chant avec ses mains…

Biblio. Merci aux pages Wikipédia et au site Savoir.fr

 

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