Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/02/2014

La mère Nique de Tourouvre…

A Tourouvre, une commune normande du département de l’Orne située près de l’Aigle, règne depuis la nuit des temps une horrible sorcière armée d’un bâton ! Elle est chargée de punir les enfants désobéissants lesquels n’ont de cesse de se réunir pour la chasser… Elle s’appelle « La mère Nique » !

Cette croyance semble être un reste des superstitions du nord. En effet, chez les peuples septentrionaux, les déesses des eaux se nommaient "Nyk", "Nök", "Näcken",… et tout comme la mère Nique de Tourouvre, elles étaient malfaisantes…

 

mère nique.jpeg

Le terme normand « nique » n’a ici pas la moindre connotation vulgaire ! Ce mot ne nous aurait d’ailleurs pas été directement transmis de l’ancien scandinave par nos ancêtres vikings, mais serait plutôt issu d’un étymon germanique, "nicchus", désignant une sorte de génie des eaux qui prenait parfois l’aspect d’un cheval...

La mère Nique 1.jpg

Dictionnaire de Trévoux

Le dictionnaire de Trevoux, cet ouvrage historique synthétisant les dictionnaires français du XVIIe siècle, rédigé sous la direction des Jésuites entre 1704 et 1771, donne au mot « nique » cette définition : « Moquerie, mépris qu’on fait de quelqu’un par quelque geste qui en donne témoignage, et particulièrement en haussant ou secouant le menton. (…) « Ce libertin fait la nique à tous ceux qui lui veulent faire des remontrances ». (…) Il se dit aussi des choses pour marquer le mépris qu’on a pour elles : « Faire la nique aux richesses ».

DUT04_3000177.jpg

Quant au « niquet », il s’agit d’une vieille monnaie qui valait deux tournois. Fabriquée sous le règne du roi Charles VI (1368-1422), elle est à l’origine de l’expression « Je n’en donnerais pas un niquet » qui se dit en parlant d’une chose que l’on méprise…

 

Biblio. « Mythes et légendes scandinaves en Normandie » de P. Lajoye – Orep Ed. 2011 et « Histoire des antiquités de la ville de l’Aigle et de ses environs » de J-F Gabriel Vaugeois.

Commentaires

Bonjour,
C'est la seconde fois que je lis ceci concernant Tourouvre. Hors, j'ai vécu enfant entre Verneuil s/Avre et Breteuil s/Iton dans un village où l'on appelait ainsi une vieille originale qui vivait en marge de la communauté.

Écrit par : EGROT Françoise | 21/12/2014

Les commentaires sont fermés.