28/05/2014

La Dame de Tournebut ou l’âme de la chouannerie normande

Aujourd’hui démoli, le château de Tournebut était situé en Normandie, dans le département de l’Eure, sur la commune d’Aubevoye, proche de Gaillon. En 1804, il était la propriété de la marquise de Combray qui l’avait hérité de sa mère. Cette Dame de Tournebut s’appelait en réalité Geneviève de Brunelles (1742-1823). Rouennaise, fille d’un président en la Cour des comptes, aides et finances de Normandie, elle avait épousé Monsieur de Combray de Donnay qui lui avait fait quatre enfants, deux garçons et deux filles.

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Le château de Tournebut

Madame de Combray était une royaliste ardente, voire fanatique, farouchement opposée au Premier Empire. Elle prit une part importante aux mouvements de chouannerie normande dont elle fut l’une des pièces maîtresses. Dans son château de Tournebut, elle logea nombre de royalistes et fomenta multiples complots !  

Sa plus jeune fille, Caroline, née en  1773, avait épousé un des chefs chouans, Acquet de Férolles. Agée de 22 ans et fort jolie, elle était aussi la maîtresse d’Armand Victor le Chevalier. Cet homme là, à la tête de huit autres hommes, tous déterminés et lourdement armés, attaqua sur la route de Falaise à Caen, dans le bois du Quesnai à l’Engannerie, le soir du dimanche 7 juin 1807, la voiture des contributions d’Alençon. L’affaire fit grand bruit. Après s’être emparés de l’important butin, soit 63 000 francs, ils abandonnèrent blessés et cadavres et partirent trouver refuge au château de Donney, propriété de Caroline, où ils finirent par être tous arrêtés, jugés et condamnés à mort.

Pour avoir repéré les lieux de l’embuscade et ceux de l’attaque, pour avoir caché et nourri les neuf membres de la bande, par arrêt du 30 décembre 1808, la cour de justice criminelle de la Seine Inférieure condamna également Caroline à la peine de mort. Enceinte, son exécution fut repoussée au 7 octobre 1809.

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Chouans capturés en Normandie

Quant à sa mère, la Marquise de Combray, jugée receleuse d’une partie de l’argent dérobé, elle fut condamnée au pilori et à 22 ans de fers. Elle purgea sa peine au bagne jusqu’à ce que sa condamnation soit annulée en août 1814 avec le retour des Bourbons sur le trône de France. Elle eut même l’honneur d’être présentée au tout nouveau roi Louis XVIII (1755-1824) et à la famille royale, avant de décéder dans son château de Tournebut le 23 octobre 1823.

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Acte de décès de la marquise de Combray

Honoré de Balzac (1799-1850) s’inspira de sa vie pour son personnage de Madame de la Chanterie dans son livre « L’Envers de l’histoire contemporaine » paru en 1848.

 

Biblio : Mémoires de Madame la Duchesse d’Abrantès – Vol. 3 – Google Books

- Histoire de la Normandie  de R. Jouet et C. Quétel - Orep Ed. 2009

Commentaires

Je vous félicite pour votre paragraphe. c'est un vrai boulot d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : MichelB | 13/08/2014

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