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03/11/2013

La dame d’Echauffour, marquise de Sade

Jamais contraste entre époux ne fut plus frappant ! Lui, un écrivain parisien scandaleux, satire convaincu de vices et de crimes immondes, elle, une jeune normande, aimante, tendre, dévouée et résignée, aux yeux de qui l'époux ne saurait avoir de torts, une sainte de l'amour conjugal !

Elle est née Renée Pélagie de Montreuil. Son père, Claude René Cordier de Launay, marquis de Montreuil, est propriétaire de la seigneurie d’Echauffour, située au cœur du département normand de l’Orne. Sa mère, Marie‑Madeleine Masson de Plissay,  sera jusqu’à sa mort en 1798, la grande dame du château.  

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Fille aînée du couple, plus gracieuse que belle, elle à 23 ans quand elle épouse le 17 mai 1763 à l’Eglise Saint-Roch de Paris, un jeune marquis d’un an son cadet, Capitaine de Cavalerie, brillant soldat des campagnes d’Allemagne, Donatien Alphonse François qui allait devenir, hélas, le trop célèbre marquis de Sade (1740-1814).

Si, à la vérité, le jeune marié s’est au départ montré plus intéressé par sa jeune belle-sœur Louise, à la beauté piquante, il s’est finalement plié à la volonté de sa belle-mère qui voulait que son aînée soit établie en premier. De sa femme, dont il n’existe pas de portrait, il écrira  « Je n'ai pas trouvé la petite laide, dimanche ; elle est fort bien faite, la gorge fort jolie, le bras et la main fort blanche. Rien de choquant, un caractère charmant. »

Mariage de raison d’un côté, mariage d'amour de l’autre, le couple s’entend bien et auront trois enfants. Elle aime son mari et l’aimera jusqu’au bout de ses forces, et ce malgré ses nombreux écarts de conduite.   

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 Donatien Alphonse François, marquis de Sade (1740-1814).

 

Le 29 octobre 1763, il est arrêté une première fois dans sa garçonnière parisienne pour « débauche outrée » et est enfermé, sur ordre du roi, au donjon de Vincennes à la suite d'une plainte déposée par une prostituée occasionnelle qui n'a pas apprécié les petits jeux sadiques et blasphématoires du marquis. Libéré sur intervention de sa belle famille, il est assigné à résidence et séjournera jusqu’en septembre 1764 au château familial d’Échauffour.

Mais, de retour dans la capitale, il reprend très vite sa vie de débauche en multipliant ses liaisons. De guerre lasse, la marquise obtiendra finalement en 1790 la séparation de corps. Le marquis ne remettra jamais les pieds à Echauffour . Il mourra à l’asile de Charenton ou Napoléon l’avait fait enfermé. 

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Acte de décès du marquis de Sade

 

Quant à la marquise, elle mourut en 1810 et fut inhumée chez elle, à Echauffour, dans le petit cimetière du village.  

 

Biblio. Merci notamment au site http://echauffour.chez.com/ et aux pages Wikipédia sur le sujet.

Commentaires

Merci pour cette facette de la vie du Marquis ! A Charenton, il vit avec sa maitresse, a le directeur de l'établissement dans la poche, avec qui il monte des pièces de théatre et autres coquineries... Il vit avec sa maitresse. Son enfermement psychiatrique ressemble à de l'antipsychiatrie avant-gardiste ;-). Il faut dire qu'à l'époque Charenton est un établissement pilote qui révolutionne la folie !

Écrit par : Lulu Sorcière | 05/11/2013

Je vous approuve pour votre éditorial. c'est un vrai exercice d'écriture. Continuez .

Écrit par : invité | 12/08/2014

Je vous félicite pour votre critique. c'est un vrai boulot d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : invité | 12/08/2014

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