09/10/2013

La mort d'un Chevalier

« Petit, noiraud, difforme, le cou épais, les épaules larges, les bras trop longs, les jambes grêles, la tête affreuse, semblable à celle d’un crapaud avec son front bombé, ses yeux verts exorbités, sa mâchoire prognathe surmontée d’une bouche aux lèvres retroussées » tel est le portrait peu flatteur qu’historiens et chroniqueurs ont laissé du connétable de France et de Castille, Bertrand du Guesclin (1320-1380). On comprend pourquoi ce breton de naissance avait pris pour devise «  Le courage donne ce que la beauté refuse » !

 

Du Guesclin 2.jpg

 

Brave parmi les braves, ayant gagné le respect de la noblesse à la pointe de son épée, il entre en 1364 au service du Roi Charles V dit « Le Sage » (1338-1380) en remportant en Normandie la bataille de Cocherel contre l'armée du roi de Navarre. En récompense, il reçoit le Comté de Longueville.

L’extrait ci-dessous du long poème achevé en 1387, rimé à la manière d’une chanson de geste,  « La vie vaillante de Bertrand du Guesclin » que l’on doit au biographe Cuvelier, un trouvère décédé en 1389, narre la mort de ce vaillant guerrier. En chasse contre les compagnies de mercenaires, il se trouve en Gévaudan, sous les murs de Châteauneuf-de-Randon, perdu dans la montagne entre Mende et Le Puy quand, le 7 juillet 1380, il tombe malade sûrement d’avoir bu de l’eau glacée après avoir combattu en plein soleil. Il meurt 6 jours plus tard au moment même où l’on vient lui remettre les clefs de la place qu’il était entrain d’assiéger.

Du Guesclin a demandé à être enterré sur sa terre natale, à Dinan. Mais la route est longue et il fait chaud. Mal embaumé, ses chairs devront être inhumées en chemin, au couvent des Cordeliers de Montferrand. Seuls son squelette et son cœur poursuivront leur route vers la Bretagne. Mais, selon la volonté du roi, ceux-ci seront finalement déposés dans l’abbaye royale de Saint-Denis où sa sépulture,  n’échappant pas aux révolutionnaires de 1793, sera profanée.

 

Du Guesclin.JPG

 

« Ainsi moru Bertran qui tant fu de haut pris,

Dont moult furent dolent li baron de haut pris

Et tous les soudoiers les grans et les petis :

Onques ne fu tant plains homme de mère vis.

Et quant le bon roy sceut que Bertran fu fenis,

Ains ne fu si dolans, si con dit li escrips ;

Assez le regreta le bon roy que je dis,

Et commanda le roy que Bertran li gentilz

Soit mis et enterrez tout droit à S.-Denis,

Droit au pié de la tumbe où il doit estre mis.

... »

 

Bilio. « Cuvelier – La mort du Du Guesclin de Michel Pastoureau in « Les plus belles pages manuscrites de l’histoire de France » - R. Laffont  1993

Commentaires

Je vous applaudis pour votre recherche. c'est un vrai état d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : invité | 12/08/2014

Je vous vante pour votre critique. c'est un vrai œuvre d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : invité | 12/08/2014

Écrire un commentaire