30/10/2013

Les mariés du gibet

Saviez-vous qu’au Moyen-âge, où l’on exécute volontiers pour des délits qui seraient jugés comme mineurs de nos jours (le vol avec effraction, le blasphème, le port de la barbe, réservé aux nobles et aux soldats,…),  un condamné à mort pouvait être sauvé par une femme, à la condition que celle-ci consente à l’épouser…    

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 Le gibet de Montfaucon

 

Cette coutume est évoquée dans certains écrits qui soulignent que le mariage, supplice quotidien des époux,  n’est pas moins terrible que la peine de mort…

C’est le cas dans le célèbre opéra « Esméralda », inspiré du roman de Victor Hugo « Notre-Dame de Paris », où Pierre Gringoire, un poète sans le sou, sur le point d’être pendu, est sauvé par la belle Esméralda qui, par pitié, accepte de l’épouser. 

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Esméralda donnant à boire à Quasimodo sur le pilori. Gravure de Gustave Brion pour le roman (édition Hugues, 1877).

 

Autre exemple, dans le « Journal d’un bourgeois de Paris sous Charles VI et Charles VII » on peut lire que « le 10 janvier 1430, on mène onze hommes, accusés de vol, aux halles de Paris ; on a déjà coupé la tête à dix d’entre eux. Le onzième est un bel homme d’environ 24 ans. Le bourreau (surnommé le carnassier, car à défaut de bourreau, on sollicite le boucher voisin, le brise-garrot, le Jean-cadavre, le Jean-boulgre ou le Charlot-cassebras, selon ses macabres spécialités), est en train de lui arracher sa chemise et lui a déjà bandé les yeux, « quand une jeune fille née des halles vient hardiment le demander, et tant fait et insiste qu’il est ramené au Châtelet, et qu’ils sont depuis épousés ensemble* »…  

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Le roi de France Charles VII (1422-1461)

 

De même, dans « Les Pénalités anciennes »,  Charles Desmaze, (1820-1890?) raconte « qu’une autre fois, ainsi qu’on le menait à la Justice, une fille de bonne vie et renommée, entendant les plaintes qu’avait le suppliant Person Sureau, mue de pitié, requit la justice de Rozoy qu’on voulût rendre le suppliant et qu’elle l’épouserait. Par lettre du 22 juin 1446, Charles VII, à Chinon, fit rémission et pardon au condamné de la peine, lequel était tenu d’épouser et prendre femme ladite jeune fille*.»

  

* Extrait de « 500 histoires de l’Histoire de France » Collectif – De Vecchi 2010.

 

Commentaires

Je vous applaudis pour votre article. c'est un vrai travail d'écriture. Développez .

Écrit par : invité | 12/08/2014

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