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16/10/2013

Paroles de normands !

Autrefois, dans notre belle province, quand venait le temps des amours ou plutôt celui de se marier, comme « ch’est pas avé la biauté d’sâne qu’no va au moulin » (ce n’est pas avec la beauté de son âne qu’on va au moulin », le gars normand, prudent et réfléchi, les deux pieds bien à plat sur le plancher des vaches, recherchait plutôt une fille « qu’ait du byin » (du bien) afin « d’assemblli les barryires » (de rassembler les barrières)…

« L’auge étant faite pour le cochon ! » (qui se ressemble s’assemble), « un biau qu’à tous ses membres » (un beau qui a tous ses membres), courageux et travailleur, même d’une intelligence très moyenne et d'un physique ingrat, réussissait toujours à trouver l’âme sœur ! « Tout fagot trouve son hart » (tout fagot trouve son lien).

Quant aux demoiselles à marier, elles savaient très bien elles-aussi se méfier de celui « qu’avait plus de goule que d’effet » (le beau parleur), des « baveux, bavacheux, ceusses qu’on d’la jappe » (les bavards), comme de celui qui avait « l’gosier bien chaussé » (qui pouvait boire beaucoup et n’importe quoi !) ou des « grands amasseux », les avares…

Peu importait que la future, « ait failli rester su’l’pot » (célibataire), car  tous savaient que « c’est dans les vieux pots qu’on fait la bonne soupe…. »  

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Comme  « les gueuses, c’est pas comme la goutte, ça s’amende pas en vueillissant » (les femmes, c’est pas comme la goutte (le Calva), ça s’améliore pas en vieillissant), on pratiquait le « tater vaut ve » (toucher permet de mieux voir à qui ou à quoi on a affaire) et on s'autorisait volontiers et sans retenue  le « tâter le blé à travers la pouque ! »  

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Bien sûr, à ce jeu là, naissaient des « pouchins de haie » (les poussins de haie sont des poussins nés d'une poule dont on ignorait qu’elle avait pondu et couvé au fond d’une haie et qui, un matin, accompagnaient leur mère au poulailler).

 

 

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Après les noces, même si « no vé pu d’mariés que d’contents » (on voit plus de mariés que de contents), l’épouse ne tardait pas à être « en train d’bi faire » (en train de bien faire), c’est-à-dire dans l’attente d’un heureux évènement, sinon, elle allait à l’Eglise prier Saint-Hyacinthe et « si le saint n’y peut rien, le bedeau y pourra bien ! »

 

 

Biblio. « Normandies – Savoureuses expressions normandes » de R. Jouet – Orep Ed. 2012

Dessins : « Bienvenue chez les Normands » de N. Sterin – De Borée 2011

 

Commentaires

Je vous approuve pour votre exercice. c'est un vrai charge d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : cliquez ici | 11/08/2014

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