19/06/2013

"Beau Brummell", l'arbitre de l'élégance

Saviez-vous que le pape du dandysme, première version du « people »,  le « Beau Brummell », ministre de la mode et du goût, qui imposait ses diktats à la noblesse, aux puissants et aux belles femmes du monde entier, a vécu ses dernières années chez nous en Normandie ?

George Bryan Brummell est né à Londres le 7 juin 1778 dans une famille aisée mais non aristocratique. Scolarisé au prestigieux collège d’Eton, il apprend le grec, le latin, l’italien et le français. Extrêmement brillant, il hérite à sa majorité de son père d’une petite fortune qu’il engloutit pour la plupart dans les vêtements, le jeu et un mode de vie ruineux. Ni très riche, ni de naissance noble, ni particulièrement beau, doté d’un teint clair et d’un long nez, il séduit pourtant par son élégance et devient rapidement l’arbitre de la mode et des belles manières.  

 

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George Brummell (1778-1840)

  

Il prétend avoir besoin chaque jour de 5 heures pour se préparer. Impeccablement lavé et rasé, les cheveux coupés « à la Brutus »,  poudré, parfumé, arborant beaucoup de linge fraîchement lavé et parfaitement amidonné, il sort vêtu d’un manteau parfaitement brossé, de coupe impeccable de couleur unie bleu foncé, et paré avec une cravate savamment nouée. Il va être ainsi l’introducteur du costume de l’homme moderne, un costume de couleur sombre avec des pantalons longs de style discret, mais raffinés et admirablement coupés, ornés de cravates minutieusement nouées.

Devenu l’ami du futur George IV (1762-1830), ce dernier va le présenter à toute la meilleure société de Londres, Le Prince de Galles, admiratif de son port noble et de sa démarche élégante,  endure toutes les insolences de ce dandy à l’esprit railleur qui n'hésite pas à détruire une réputation par un  sarcasme jeté du haut de sa cravate. Le "Beau Brummell" défraie la chronique avec ses lubies et ses bons mots, mais lance les modes et les salons, et règne sans partage sur le bon goût et les jolies femmes.  

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Pourtant, en 1816, ayant perdu la faveur royale, chassé de la cour d’Angleterre, sans protection ni fortune, poursuivi par ses créanciers, menacé de prison, il quitte Londres et s’exile en France où il va passer le reste de ses jours.

N’ayant plus les moyens de recourir aux blanchisseurs, il se met à porter des cravates noires, phénomène sans précédent pour l’époque mais qui sera repris par les plus grands. C’est ainsi qu’il continue tant bien que mal à être l’artisan de la mode. Nommé consul d’Angleterre à Caen, sa charge est malheureusement supprimée en 1837. Dès lors, sans ressources, ruiné, criblé de dettes, souffrant de syphilis et de démence, il va  finir par être interné et décèdera dans la misère le 30 mars 1840, peu avant son soixante-deuxième anniversaire. Il est inhumé au cimetière protestant de Caen.   

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En hommage à l'élégance intemporelle de ce premier dandy anglais, en 1880, le grand magasin parisien du Printemps lance la marque pour homme qui portera son nom.

 

Biblio. Normandie insolite et secrète de J-C. Collet et A. Joubert – Ed. Jonglez 2013.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

 

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