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28/04/2013

La Gâche de Normandie, une fameuse brioche !

La Normandie aurait offert à la France ses premières brioches ! Du moins, à l’unanimité, les lexicographes considèrent que ce mot est bien d’origine normande. Le terme viendrait en effet du verbe « brier », forme ancienne de « broyer » issu du dialecte normand, employé au sens de « pétrir la pâte avec un rouleau en bois » et que se retrouve d’ailleurs dans « pain brié », autre spécialité de notre province.

Bien sûr, on ne peut affirmer que les « brioches » citées à Rouen en 1404 ressemblaient à celles que nous consommons aujourd’hui ! Néanmoins, la présence dans notre région de nombreux pains enrichis aux œufs, au lait et au beurre confirme s’il en est besoin combien ce type de produit est enraciné dans notre terroir. 

 

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 La Gâche de Normandie

 

D’ailleurs les spécialités locales de brioches sont des plus nombreuses chez nous et  parmi elles, la Gâche de Normandie est certainement l’une des plus anciennes. Citée en 1611 dans le « Dictionarie of the French and English Tongues, » de Randle Cotgrave, philologue anglais mort en 1634,  la « gasche » y est présentée comme « un gâteau de Normandie ».

 

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A l’origine pourtant, il s’agissait d’une galette de pâte à pain placée à l’entrée du four pendant que cuisait la fournée et ressortie assez molle au bout d’une douzaine de minutes. Cette gâche « ordinaire », qui servait en réalité à tester la température du four, se mangeait aussitôt, chaude, avec du beurre ou trempée dans du cidre ou bien froide avec de la confiture. Avec le temps, elle s’est enrichie des produits laitiers du terroir normand que sont le beurre et le lait.

 

Et comme d’habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, en voici la recette :

Pour un grand pain d’environ 2kg, il vous faut 1 kg de farine, un cube de levure de boulanger fraîche ou un sachet de levure déshydratée, 250 grammes de bon beurre doux normand à température ambiante, ½ litre de lait, 4 œufs, 1 cuillerée à café de sel.

Mélanger la levure en cube dans une tasse d’eau tiède. Couvrir et faire reposer 5 à 10 minutes dans un endroit chaud jusqu’à ce que le mélange fasse des bulles. L’utilisation de levure déshydratée permet de supprimer cette étape.

Faire fondre le beurre dans le lait tiède, ajouter les œufs, le sel, la préparation de levure et incorporer la farine en pluie, petit à petit, d’abord en tournant puis en malaxant la pâte. Travailler la pâte un bon ¼ d’heure pour la rendre homogène et souple à la fois. Au besoin, rajouter de la farine.

Modeler un pain long, saupoudrer finement de farine et laisser monter durant une bonne heure.

Ensuite inciser le dessus avec un couteau et cuire ensuite pendant 45 minutes dans un four préchauffé à 180° C. en ayant pris le soin d’y poser une tasse d'eau qui procurera la chaleur humide nécessaire pour ne pas dessécher la gâche...  Votre gâche est prête quand une baguette de bois piquée dedans en ressort sans attacher. Dégustez la nature ou avec du beurre ou de la confiture. 

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Bon appétit !

 

Biblio. "Normandie - Produits du terroir et recettes traditionnelles" - L'inventaire du patrimoine culinaire de France - Ed; Albin-Michel 2003.

Merci aux pages wikipédia sur le sujet.

25/04/2013

Un Barème peut en cacher un autre...

Si le printemps se fait attendre en Normandie comme ailleurs, les feuilles, celles des impôts, vont être, et personne n’en doute, exactes au rendez-vous !  

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Pour savoir à quelle sauce on va être mangé (et ça ne sera pas à la sauce normande), chacun de nous va devoir se référer aux notices et autres barèmes publiés à l’occasion…  Mais au fait, savez-vous d’où vient le mot « barème » ?

Il nous vient d’un mathématicien français né dans les Bouches-du-Rhône,  à Tarascon, qui est considéré comme l’un des fondateurs de la comptabilité.  

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 François Bertrand Barrême

 

François Bertrand Barrême (1638-1703), apprécié du Contrôleur général des finances du roi Louis XIV,  Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), expert pour les comptes de la Chambre des comptes de Paris et arithméticien ordinaire du souverain, est l’auteur de livres de tables mathématiques pratiques destinées à éviter des calculs fastidieux dans le domaine de l’argent.

On lui doit notamment « Le Grand Banquier ou le livre des monnoyes étrangères réduites en monnoyes de France » publié en 1696 et « Le livre facile pour apprendre l’arithmétique de soy-même et sans maître » publié deux ans plus tard. 

 

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Mais c’est l’un de ses premiers ouvrages, publié en 1671 et très souvent réédité, le « Livre nécessaire pour les comptables, avocats, notaires, procureurs, négociants et généralement à toute sorte de conditions » qui va transformer son patronyme en nom commun. Comportant notamment des tables de conversion de monnaies et connu plus tard sous le simple  nom de « Barême universel », il va être à l’origine de notre mot barème d’aujourd’hui.

 

Biblio et images : Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

21/04/2013

Une partie de dominos ?

Probablement originaire de Chine, arrivé en Italie au XVIIIe siècle et en France à partir de 1785, on ne sait pas grand-chose en vérité sur le jeu de domino pourtant si populaire au siècle dernier en Normandie. Certains racontent que le plus vieux jeu de domino connu aurait été trouvé dans la tombe de Toutankhamon en Egypte, d’autres affirment que les premiers dominos seraient l’œuvre de marins…   

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Ce qui est sûr c’est que « le jeu de dominos est le véritable jeu des Normands, celui qui convient le mieux à leur caractère, à leurs habitudes et à leur patience proverbiale. Ne met-il pas en avant toutes leurs qualités et toutes leurs vertus natives ? La mémoire, pour se rappeler tous les dès abattus, pour les évoquer immédiatement, et pour se rendre compte du fort et du faible de l’adversaire ; l’attention soutenue, la méditation réfléchie, la perspicacité avisée ; la psychologie du partenaire, la décision prompte et sûre.* »

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Le mot « domino » proviendrait de la similitude entre les pièces du jeu (recto blanc, verso noir) et l’habit des religieux dominicains, lequel est blanc, mais peut être recouvert d’une cape noire servant de manteau.  Les premiers jeux sont fabriqués en bois, en nacre ou en os animal.

Au XIXe siècle, partout en Normandie, on « taquine l’os » avec entrain. Chaque « joueux de dominos » a sa propre expression pour désigner les dés : le gros papa, le gros père pour le double-six, la patrouille, quatre hommes et un caporal pour le cinq, la blanchisseuse ou blanchinette pour le double blanc… On joue à deux, trois dominotiers, quelquefois des parties carrées, sans pêche, pioche, talon ou cuisine, chez soi ou au café, à la veillée et pendant les après-midi dominicales.

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 "Pour d'ir que j'gagne, j'gagne point, pour d'ir que j'perds, j'perds point". Paroles de normands !

 

Et il paraît même qu’au cœur du pays de Caux, à Yvetôt, la mare est pavée de double-six jetés par les joueurs, heureux de se débarrasser de dés encombrants…

Il y eut même une fabrique de dominos à Etrépagny, au cœur du département de l’Eure !

Pour "faire domino", terminer la partie, ces vers écrits en 1844 par Louis Jousserandot (1813-1887) en hommage à un fameux dominotier, le sculpteur Dantan jeune (1800-1869) :

 

« Je chante dans mes vers ces joueurs valeureux

Qui, par leurs longs efforts, leurs calculs glorieux

Emules des savants dont s’honore la France,

Du jeu de dominos, firent une science. »

 

* « Le jeu de dominos en Normandie » de G. Dubosc - Chroniques du Journal de Rouen du 19.10.1924 .

Biblio. Merci aux pages Wikipédia  sur le sujet.