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31/03/2013

Le combat de justice du Docteur Guillotin

Oubliés ses premiers surnoms de « Mirabelle », « Louisette », comme plus tard ceux de « veuve », de « rasoir national » ou de « cravate à Capet », au grand dam du docteur Ignace Guillotin (1738-1814), c’est son propre nom qui va rester attaché à cette terrible machine, synonyme de peine de mort. Pourtant il n’en est pas l’inventeur ! Le procédé de « décollation » existait auparavant en Italie et en Ecosse et fonctionna même en France dès 1632. 

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Ignace Guillotin (1738-1815)

 

Est-ce parce que sa mère accoucha de lui prématurément, le 28 mai 1738, bouleversée par les hurlements de douleur et d’agonie d’un condamné à la roue, que l’on exécutait ce jour-là sur la Grand-place de Saintes (Charente-Maritime), qu’il va, en tant qu’humaniste épris de justice, prendre pitié des condamnés à mort et se battre pour qu’ils ne souffrent plus ?

 

Nommé médecin auprès de Monsieur le Comte de Provence, frère du roi Louis XVI, il est entraîné par le courant révolutionnaire et devient très vite un homme public reconnu et influent. Elu député du Tiers, partisan des grandes réformes, il prend une part active aux travaux des commissions en place.

Franc-maçon, disciple de Rousseau, c’est le 1er décembre 1789 qu’il défend à la tribune de la Chambre son projet de réforme du Code pénal. Puisque les privilèges son abolis, ils doivent l’être aussi dans la mort. Il demande l’égalité des peines quelle que soit l’origine sociale du coupable. Car on décapite à la hache ou à l’épée les nobles, on écartèle les régicides, on brûle les hérétiques et on roue ou on pend les voleurs !  

 

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 Supplice de la Roue

 

En qualité de médecin, il veut que la mort soit donnée dans des conditions décentes et administrée « par l’effet d’un simple mécanisme ». Il présente alors « sa » machine avec laquelle dit-il «  je vous fait sauter la tête d’un clin d’œil et vous ne souffrez point. La mécanique tombe comme la foudre, l’homme n’est plus ! » L’idée plaît, notamment à Mirabeau qui  défend avec ferveur la « Mirabelle ». Le projet est adopté et on travaille à l’application de la loi. 

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La guillotine attend l’arrivée de Doré et de Berland – « Le Petit journal illustré, 8 août 1891.

 

Antoine Louis (1723-1792), secrétaire de l’Académie de chirurgie, est alors chargé de la mise au point définitive de « l’outil ». La presse, qui l’a d’abord baptisé « Louison », adopte spontanément le nom de «guillotine ». Utilisée pour la première fois en place de Grève le 25 avril 1792, elle devient le symbole de la Terreur. Son usage s’achèvera avec l’abolition de la peine de mort en 1981.

Quant au Docteur Guillotin, il meurt d’une pneumonie le 28 mars 1815 et est enterré au Père Lachaise.

 

 

Biblio. « 100 symboles pour raconter la France » de S. Tricaud – Ed. de Palais 2012, « le grand Bêtisier de l’Histoire de France » de A. Dag’Naud – Larousse 2012 et « « Ignace Guillotin » de M-H Parinaud in « Nos Ancêtres Vie et métiers – n°1 - Mai-Juin 2003.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

27/03/2013

Le gigot d’agneau en pot-au-feu d’Yvetôt

A Yvetôt, au cœur du pays de Caux, le dimanche de Pâques, c’est en pot-au-feu qu’on cuisine le gigot. C’est d’ailleurs l’une des spécialités gastronomiques de notre belle province.  C’était aussi, dit-on, le plat préféré du duc de Normandie et roi d’Angleterre, Guillaume le Conquérant (1027-1087) ! D’ailleurs, il est toujours autant apprécié par nos voisins anglais qui l’accompagnent quant à eux d’une sauce à la menthe !  

 

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Saviez-vous que le gigot tiendrait son nom de la gigue, l’instrument médiéval de musique de la famille des vielles, qui était de forme similaire et qui faisait "gigoter "? 

 

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Sans plus attendre, pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici donc la recette* de ce mets de fête ! A noter que celle-ci peut aussi se réaliser avec un bouillon de cidre !

 

Pour la réaliser, il vous faut 1 gigot d’1,5 kg environ, 6 navets, 6 poireaux, 6 carottes, 1 branche de céleri, 1 oignon piqué de 2 clous de girofle, 2 gousses d’ail, 2 c. à soupe de Calvados, un bouquet garni, du sel et du poivre.

Pour la sauce, prévoir 30 g de beurre, 1 c. à soupe de farine, 10 cl de crème fraîche et des câpres.

 

gigot d'yvetôt,gigot en pot-au-feu,spécialités gastronomiques de normandie

Dans une grande marmite, mettre 2 litres d’eau, l’oignon, l’ail, le bouquet garni, saler et poivrer.  Parfumer avec un  peu de Calvados.

A ébullition, ajouter les légumes : poireaux, navets,  carottes, céleri.

Faire cuire 1 heure. Plonger ensuite le gigot dans le bouillon et laissez de nouveau cuire 45 minutes (15 minutes par livre).

Préparer la sauce avec le beurre et la farine en mouillant avec le bouillon.

Au moment de servir, ajouter la crème fraîche et les câpres.

Disposer le gigot dans un plat de service, entouré de ses légumes. Présenter la sauce à part.

 

Bon appétit  et  joyeuses Pâques à tous !

 

 

* Recette extraite de « Mes recette normandes – Cahier n° 1 – de A. Prével – Ed. C. Bonneton – Paris 2005.

Biblio. « Cuisine normande » de Ph. Baratte – Edisud – Aix-en-Provence 2008.

24/03/2013

La chaise du Bon Dieu

Le 16 septembre 1804, le jeune chimiste et physicien Louis Joseph Gay-Lussac (1778-1850), dont les travaux de recherche portent sur les propriétés des gaz, s’envole de Paris pour un voyage scientifique en ballon au-dessus de la Normandie. Il doit vérifier, pour le compte de l’Institut de France, les observations du naturaliste géologue Horace-Bénédict de Saussure (1740-1799) sur l'affaiblissement du magnétisme dans l'atmosphère.  

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20 août 1804, voyage en ballon de Gay-Lussac et Biot

Après un premier essai infructueux effectué en compagnie de son collègue Jean-Baptiste Biot (1774-1862) le 24 août précédent, c’est en solitaire cette fois qu’il renouvelle l'expérience.  

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 Louis Joseph Gay-Lussac (1778-1850)

Parti du Conservatoire à 9h40, il veut monter très haut, au-dessus de 7 000 mètres d’altitude, un record pour l’époque. Or, arrivé au-dessus de la région de la petite ville d’Yvetôt, non seulement il s’aperçoit qu’il n’a pas encore atteint l’altitude souhaitée mais aussi qu’il n’a plus de lest. Comment faire ? Dans la nacelle, il ne reste plus rien hormis une chaise en bois, la sienne. En désespoir de cause, il la jette par-dessus bord.   

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La chaise s’écrase quelques instants plus tard  aux pieds d’une jeune bergère qui s’empare effarée de ces débris tombés du ciel et court les porter chez le curé du village. Le Saint Homme, les examinant attentivement, n’y aurait vu que les restes de l’un des sièges sur lesquels sont assis les bienheureux à la droite du père !  

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 Bergère – G. La Touche – 1882

Quant à notre scientifique,  après avoir  atteint 7 016 mètres d’altitude, il s’est posé six heures plus tard « à six lieues au nord-ouest de Rouen ». Cet exploit, qui n'a pas été égalé pendant cinquante ans, lui valut en réalité plus de renommée que les mesures effectuées. Il apporta cependant la preuve que le magnétisme terrestre ne variait pas sensiblement avec l'altitude et que la composition de l'air restait inchangée. Ce succès expérimental lui permit de devenir membre dès l’année suivante du comité consultatif des arts et manufactures.

Biblio. Le grand bêtisier de l’Histoire de France de A. Dag’Naud – Larousse 2012