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27/02/2013

Ce jour-là, 27 février 1594...

... Henri IV est sacré à Chartres. Pourquoi Chartres ? Parce que Reims est encore aux mains des ligueurs catholiques extrémistes qui ne veulent toujours pas admettre pour roi ce Béarnais, désigné héritier légitime par le roi Henri III sur son lit du mort cinq ans plus tôt et qui s’est pourtant converti dernièrement à leur religion !  Il faut dire que c'est tout de même la sixième  fois que l'homme en change ! Enfant, il avait dû se convertir selon qu’il passait sous la tutelle de son père catholique ou de sa mère protestante.

L’événement a  lieu  le 25 juillet 1593. Dans l’église de l’abbaye de Saint-Denis, la ville des rois de France, le futur roi de France est reçu par Monseigneur de Beaune, archevêque de Bourges, en grand apparat.  Henri de Navarre (1553-1610) s’agenouille devant lui,  abjure solennellement le protestantisme et rejoint dès lors le giron de l’Eglise catholique, apostolique et romaine. L’archevêque lui donne l’absolution et le roi baise son anneau. 

L'annonce de cette conversion produit l'effet recherché. Il faut dire que les français sont  particulièrment las de ces guerres entre catholiques et protestants qui ensanglantent le pays. Les défections des villes ligueuses, comme la ville de Rouen,  se multiplient.  Cependant, Paris et Reims résistent toujours ! 

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 L’adjuration d’ Henri IV à Sa int-Denis – Anonyme – Musée de Pau

  

Et comme pour monter sur le trône de France, il faut être sacré roi  ! ça sera donc Chartres ! En l'absence de tous les objets rituels habituels comme l’épée, le sceptre ou la main de justice, le sacre est bel et bien célébré, dans la cathédrale de Chartres, le 27 février 1594. Henri, roi de Navarre, devient ce jour-là roi de France sous le nom d’Henri IV.  

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Le sacre d'Henri IV - Gravure Desmarets -  Paris BNF

 

Mais pour régner véritablement, le roi doit s’emparer de la capitale. Dans la nuit  du 22 mars 1594, il entre triomphalement dans la ville de Paris à laquelle il a juré de conserver toutes les prérogatives. Le 17 septembre suivant, le pape Clément VIII accorde son absolution au nouveau roi.   

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Entrée d’Henri IV dans Paris - François Gérard - Musée du château de Versailles

 

 

Biblio. "Ils ont changé l'Histoire de France",  Larousse 2011 et "Histoire de France en 2000 dates " de Ph. Valode, Acropole  2011.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

24/02/2013

La star normande du Salon...

... c’est Aronde, une vache seinomarine âgée de 7 ans et pesant 800 kg, qui représente cette année la gent bovine au Salon International de l’Agriculture de Paris.  

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Saviez-vous que le premier « Herd-book bovin », sorte de livre généalogique permettant de connaître les ancêtres d’un animal et son pedigree, a été créé en 1883 pour la race Normande ?

Car c’est l’une des plus vieilles races bovines françaises ! Certains soupçonnent même qu’elle ait été introduite chez nous par les Vikings au IXe et Xe siècle ! Si rien n’est cependant prouvé, une chose est sûre : elle est née du mélange des trois races de ruminants du cru, la Cauchoise, l’Augeronne et la Cotentine, qui broutaient les prairies de notre belle province depuis bien longtemps. Au Moyen-âge, le chroniqueur de l’époque médiévale Jehan Froissart parle déjà « des grands bœufs du Cotentin ». Et plus tard, en 1718, un acte de vente d’un marchand de bestiaux décrit des bêtes « sous robe rouge ou bringée »…

 

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Car la vache normande se caractérise par sa robe à trois couleurs, le blanc ou caillé, le marron ou blond et le presque noir ou bringé qui s’accorde à merveille à nos vertes prairies plantées de pommiers. Une silhouette élégante, paisible et noble, une tête blanche avec des lunettes autour des yeux, font d’elle le symbole vivant de notre contrée. Car si la France a son coq gaulois, la Normandie a sa vache !

Elle a en outre la réputation de produire à la fois une viande de qualité et un lait particulièrement bien adapté à la transformation fromagère. D’ailleurs, bien des laitiers (Normands !) vous le diront : « rien n’est plus savoureux qu’un produit laitier au lait de vache normande… ».

 

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Et comme d’habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici une recette simple, facile et goûteuse, issue du terroir bas-normand, celle des Biftecks aux oignons*.

Prévoir pour 6 biftecks, une « mincée d’oignons » suffisante pour recouvrir le tout et 1 filet de vinaigre de cidre.

Cuire doucement à la poêle et au beurre la  « mincée d’oignons » en la faisant blondir. Saisir les biftecks dans une autre poêle. Les déposer dans un plat chaud beurré. Saler, poivrer assez fort. Recouvrir avec les oignons. Verser le vinaigre dans la poêle. Recouvrir la viande avec la sauce. Servir avec des frites croustillantes.

Bon appétit !

 

* Recette extraite de « Gastronomie normande d’hier et d’aujourd’hui » de S. Morand – Ed. Flammarion – Paris 1970.

Biblio. « Les Races Normandes » de F. Callu et N.Vermeulen – Ed. C. Corlet - 2004

 

 

20/02/2013

C'est la faute à Marot !

Qui de nous n’a pas pesté (et peste encore peut être) sur la règle de l’accord du participe passé avec le verbe avoir ? Eh bien savez-vous que cette règle de grammaire, qu’on nous a serinée maintes fois à l’école « avec le verbe avoir, on accorde le participe passé avec le COD s’il est placé avant le verbe », cette règle, on la doit à un  fils de normand ?

 

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Clément Marot (1496-1544)

 

Clément Marot, puisqu’il s’agit de lui, n'est certes pas né en Normandie mais à Cahors pendant l’hiver 1496 d’une mère gasconne mais d’un père normand, originaire de Caen, Jean des Marets dit Marot, poète, habile rhétoriqueur, qui fut secrétaire d’Anne de Bretagne (1477-1514).

 

Le jeune Clément pris tout naturellement le chemin poétique tracé par son père et composa des vers. Il sera d’ailleurs l’un des premiers grands poètes modernes français et deviendra le poète officiel de la cour du roi François Ier (1494-1547). Il compte aussi parmi les inventeurs de la langue française !

 

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Au XVIe siècle, alors que l’imprimerie commençait à se développer, que le français devenait une langue lue comme parlée, le roi François Ier, s’interrogeant sur la variation du participe, interrogea son fidèle Marot à ce sujet. Il faut dire qu’à cette époque, on disait, et donc on écrivait, « j’ai letres escrites ». Le poète, s’appuyant alors sur la langue italienne, pays où il a séjourné et où il décèdera, énonça  pour la première fois sa doctrine qui allait devenir la règle moderne d'accord du participe passé avec l'auxiliaire avoir : 

« Nostre langue a ceste facon,
Que le terme qui va devant,
Voluntiers regist le suyvant.
Les vieux exemples je suyvray
Pour le mieulx : car, à dire vray ;
La chanson fut bien ordonnée
Qui dit : m'amour vous ay donnée.
Et du bateau est estonné
Qui dit : M'amour vous ay donné.
Voila la force que possède
Le femenin quand il precede.
Or prouveray par bons temoings
Que tous pluriers n'en font pas moins ;
Il fault dire en termes parfaictz :
Dieu en ce monde nous a faictz ;
Fault dire en parolles parfaictes :
Dieu en ce monde les a faictes ;
Et ne fault point dire en effect :
Dieu en ce monde les a faict.
Ne nous a faict, pareillement,
Mais nous a faictz tout rondement. »*

 

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« On appris par cœur ces vers dans les ateliers d’imprimerie et le mal fut fait ! »

Voltaire (1694- 1778) ironisera quelques années plus tard : « Clément Marot a ramené deux choses d'Italie : la vérole et l'accord du participe passé... Je pense que c'est le deuxième qui a fait le plus de ravages !" 

*Clément Marot, Épigramme à ses disciples.