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13/09/2015

La destinée d'un Président...

Le nombre « 13 » est au centre de nombreuses superstitions. Pour certains, il porte bonheur. Pour d’autres, il est plutôt considéré comme maléfique. Sa réputation détestable et la malédiction qui lui est attachée remontent à l’Antiquité. La Cène,  le dernier repas du Christ,  lui sert de référence néfaste : ce soir-là, le 13ème convive, Judas, conduira  Jésus à la mort…

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Triskaidékaphobe*, Paul Doumer (1857-1932), le 13ème président de la République a être élu, l’était-il ?   Lors de son élection intervenue le 13 mai 1931 (à noter que « 31 » est un « 13 » renversé), le nouveau président aurait confié à ses collaborateurs : « Avec des chiffres pareils, je ne peux qu’être assassiné ! » Et c’est ce qui arriva, moins d’un an plus tard, le 6 mai 1932.

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D’un caractère plutôt austère, tout en étant cordial et aimant plaisanter,  le nouveau locataire de l’Elysée même une vie simple et sans faste. Il travaille chaque jour de cinq heures du matin à minuit, sans prendre de congé, s’étonnant qu’on puisse avoir besoin  de vacances ! Cet un homme de devoir, pudique et  intransigeant, père de sept enfants dont quatre garçons morts à la guerre, qui affirme sans artifice, dans un ouvrage ultra moral publié en 1905, que « la femme est une page blanche, sur laquelle l’époux écrit à son gré ».

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Le vendredi 6 mai 1932, en début d’après-midi, le Président se rend dans les salons de la fondation Salomon de Rothschild, située 11 rue Berryer à Paris, pour y inaugurer une grande exposition consacrée aux écrivains de la Grande guerre. C’est là que l’attend son destin en la personne d'un autre Paul,  Paul Gorguloff (1895-1932), une identité à 13 lettres ! C’est sous les balles de ce russe blanc, un exalté,  que Doumer tombera. Transporté à  l’hôpital Beaujon, il succombera à ses blessures le lendemain matin. Son assassin, jugé et condamné, sera guillotiné le 14 septembre de la même année.

* La triskaïdékaphobie est la phobie du nombre treize.

Biblio. « Au bonheur des mots » de C. Gagnière – Ed. R. Laffont – Paris 1989.

 

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