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26/03/2017

Le grand jeu de Mademoiselle Lenormand !

27 mai 1772 : Marie Anne Adélaïde Lenormand voit le jour à Alençon, au domicile de ses parents, des bourgeois drapiers qui habite la Grande Rue. Orpheline à 5 ans, elle est placée chez les Sœurs Bénédictines puis chez les Visitandines. Studieuse, apprenant vite, elle s’amuse pendant les récréations à prédire l’avenir de ses camarades de classe. Elle fait déjà état d’une grande imagination et de qualités qualifiées de « pénétration psychologique ».

 

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 Portrait de Marie Anne Lenormand

 

Dès lors, la jeune fille va s’employer à développer ce « don de voyance », non sans risque puisque, à cette époque, les pratiques « magiques », l’occulte et l’énigmatique ne sont guère acceptés. Elle en fait la triste expérience à Paris, en 1786, où elle est arrêtée après avoir tiré les cartes. Pour se faire oublier, elle s’exile à Londres durant quelques mois et en profite pour y prendre des leçons de chiromancie.  

En 1790, de retour en France, elle installe son cabinet de consultation au cœur du Faubourg Saint-Germain, au 115 de la rue de Tournon. Elle va très vite y prophétiser le tout-Paris et surtout le gotha de la Révolution, parmi lesquels Danton, Desmoulin et Robespierre. Elle lit les lignes de la main, manie les cartes avec adresse, consulte le plomb fondu, les miroirs brisés, le cristal de roche, les cendres soufflées et jette même les aiguilles.  

 

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 Le salon de consultation de Melle Lenormand

 

Talentueuse, utilisant avec habilité son image publique, elle écrit, parallèlement à ses activités de prophétesse,  des livres et des pièces de théâtre, et fait même paraître quelques numéros d’un journal intitulé « Le mot à l’oreille ».

En 1793, elle devient l’amie et la confidente de Joséphine de Beauharnais. C’est lors d’une visite à la Malmaison, le 2 mai 1801, que la pythonisse lui prédit le célèbre « Vous serez plus que reine… »

Si la Révolution l’a fait connaître, sa vraie notoriété viendra de l’Empire qui fera d’elle la plus célèbre cartomancienne du XIXe siècle… et aussi sa fortune. Elle s'éteint célibataire et sans enfant le 25 juin 1843. Après ses obsèques à St Jacques du Haut Pas à Paris devant une foule immense, elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise. Sa fortune ira à ses neveux qui hériteront notamment de propriétés acquises à Alençon, sa ville natale.

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Ce n'est qu'après sa mort que va paraître le « Grand jeu de Melle Lenormand », un jeu de tarot de 54 cartes, fondé sur la  Mythologie grecque, qui est toujours autant plébiscité de nos jours.

 

Biblio ; « Hommes et cités de Normandie » de J. Cathelin et G. Gray – Ed. du Sud et A. Michel – Paris 1965.

« Pays de Normandie » n°67 – Hiver 2009-2010

 

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