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30/01/2013

Le Rouennais, un fameux couteau

Parmi les couteaux régionaux français, le « Rouennais » fait office de référence. Une lame solide, au tranchant longiligne, comportant le plus souvent un onglet, une gouttière ou une rainure, au bout d’un manche en bois, notamment en noyer, ou en corne, en nacre voire en ivoire, avec parfois un tire-bouchon, une ou deux flammes, excroissance triangulaire utilisée par les vétérinaires pour la saignée des chevaux, et un crochet pour extraire les cailloux des sabots, ce couteau était à l’origine destiné aux paysans normands. 

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Fabriqué à partir de 1890 et jusqu’en 1960, le couteau rouennais était prisé des éleveurs et maquignons qui l’utilisaient notamment pour nettoyer les queues de vaches… d’où le surnom qui lui a été donné de « queue de vache ». Ils l’achetaient lors de la grande foire St Romain, ou foire du Pardon. 

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La coutellerie rouennaise est née au XIVe siècle. On doit au roi Charles VI (1368-1422) en 1402 une première réforme des statuts de cette corporation auparavant très peu règlementée, lesquels ont été ensuite totalement revus sous le roi Louis XV (1710-1774) en 1734. Cette confrérie, celle des couteliers-graveurs sur fer et acier,  érigée en l’église Saint-Patrice de Rouen située au nord de la ville, était placée sous le vocable de la nativité de la Sainte-Vierge.   

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Eglise Saint-Patrice de Rouen

 

La mise en forme de la lame s’effectue grâce à des meules à eaux. Des moulins à couteaux vont donc être construits sur les cours d’eau de la ville, sur le Robec notamment et aussi sur la Seine. Quant à l’ajustage des différentes pièces et à l’aiguisage, ils sont réalisés dans des ateliers installés un peu partout à commencer par le centre ville, dans la rue du Gros Horloge. L’activité périclita dès le XVIIe siècle. Elle se déplace d’abord vers les zones rurales, notamment à Bernay (Eure) ou dans la région de Tinchebray (Orne), mais, sous la concurrence des couteaux de Thiers, les derniers ateliers normands, ceux de Saint-Cornier des Landes (Orne) vont fermer au XIXe siècle.

 

 

Biblio. « Les villes normandes et leurs spécialités » de F. et J. Tanguy – Ed. Le Pucheux – 2012 et « Nos ancêtres – Vie et Métiers » n° 1 – Mai-Juin 2003. 

Images : merci au site http://www.iblogyou.fr/coutogaulois/

27/01/2013

La Belle et la Bête, un conte teinté de normandie

La Belle et la Bête ! On se souvient tous du  film fantastique de Jean Cocteau sorti sur les écrans en 1946, où Jean Marais, un normand lui-aussi donnait la réplique à Josette Day.

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Mais saviez-vous que c’est à une romancière normande que l’on doit la dernière version de ce conte sur laquelle ont été basées la plupart des adaptations ultérieures ?

Car l’origine de cette histoire est très ancienne. L'une des premières versions connues est celle d'Apulée, un écrivain berbère du IIe siècle. Repris quatorze siècles plus tard, en 1550, par un romancier italien, Francesco Straparola (1480-1558) qui le publie dans son recueil  « Nuits facétieuses », il n’arrive en France qu’en 1740 grâce à Gabrielle-Suzanne de Villeneuve (1695-1755), qui en écrit la première version moderne et la fait paraître dans son recueil intitulé « La jeune Américaine et les contes marins ».  

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Jeanne Marie Leprince de Beaumont née Vaimboult

Ce n’est que 17 ans plus tard qu’il va réellement connaître la célébrité, après avoir été une nouvelle fois repris, sous une forme très abrégée, par une autre romancière, Jeanne Marie Leprince de Beaumont, dans ses  « Magasins des enfants, des adolescents et des pauvres. »

Cette romancière est née à Rouen, le 26 avril 1711. Institutrice de formation, elle publie son premier roman, « Le Triomphe de la vérité » en 1748. Partie à Londres comme Gouvernante, éducatrice de filles de la haute société, elle va se consacrer en parallèle à la rédaction d’œuvres éducatives et pédagogiques. Suivant sa devise « Plaire à la jeunesse en l’instruisant », elle adopte un style simple et bien adapté aux jeunes lecteurs qui fait son succès. C’est dans « Le magasin des enfants » de 1757 qu’elle introduit, en l’abrégeant, « la Belle et la Bête », le conte qui fera sa renommée et qui a pour but d’apprendre aux enfants à distinguer la laideur morale de la laideur physique.

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Après quinze années passées en Angleterre, elle rentre en France et achète une petite terre à Avallon près d’Annecy où elle continue d’écrire. Au total, elle aura rédigé environ 70 ouvrages religieux et moraux, ce qui, à cette époque, constitue un véritable exploit pour une femme-écrivain.

Elle termine sa vie près de sa fille et de ses six petits-enfants et décède le 8 septembre 1780 à Chavanod (Haute-Savoie). Elle ne connaîtra pas son arrière petit-fils, Prosper Mérimée, né 23 ans plus tard.

Biblio. merci aux nombreuses pages sur le sujet et notamment au site Wikipédia. 

 

23/01/2013

Errare Humanum est...

... car n'est-il pas de la nature de l'homme de se tromper !

Le décès brutal le 24 novembre 1714 de Maître Toussaint Gouion, curé de la paroisse de Saint-Nicolas du Pont-Saint-Pierre, au cœur du département de l’Eure, surprit tous les Pétripontains.

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Il faut dire que la cause de la mort de ce prêtre, âgé seulement de 45 ans, n’est pas banale. Le curé de la paroisse voisine de Poses, l’abbé Poussin, l’a consignée dans le registre paroissial des baptêmes, mariages et sépultures, à la fin de l’année 1714.

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En cette année (1714) Me Gouion prêtre de Léry curé de Romilly mourut par un accident tout à fait extraordinaire, il avait certaine maladie pour à laquelle remedier on luy ordonna de boire du vin d’absynthe, il donna ordre qu’on lui en apportât de Roüen. Mais par malheur la même personne qui l’apporta était en même temps chargée d’une cruche pleine d’huile d’aspic, et ce Monsieur,  au lieu de prendre le vin d’absynthe, bû toute la dite huile, qui lui consomma en moins de 15 jours les entrailles, sans qu’on y ay pu remedier. Cela arriva au mois de novembre. Signé Poussin, curé de Poses. "

L’huile ou l’essence d’aspic, de couleur jaune-vert pâle et dégageant une forte odeur, est obtenue par distillation complète des sommités fleuries de la lavande vraie ou Lavandula vera. Elle est utilisée en médecine vétérinaire et en droguerie, notamment dans la fabrication des vernis artisanaux, où elle est employée pour dissoudre le copal, une résine proche de l’ambre.

Quant au vin d’absinthe, mélange d’alcool, d’absinthe et de vin blanc, il est utilisé comme vermifuge et dans les maladies de l’estomac.

Biblio. merci notamment aux pages Wikipédia.