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10/02/2013

La triste histoire du limogeage

Limoges : sa cathédrale, sa porcelaine, son clafoutis aux cerises… et un nom propre qui va donner naissance à un nom commun, celui de «  limogeage ».

Car c’est bien du nom de la capitale du Limousin qu’est né ce mot. Voici l’histoire.

Nous sommes le 3 août 1914. L'Allemagne déclare la guerre à la France. Une simple querelle austro-serbe va dégénérer et aboutir à l’horreur de ce que fut la Première Guerre Mondiale.  

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Le front de la Marne en 1914

 

Très vite, après avoir pris d’assaut les places fortes de Belgique, les armées ennemies avancent vers les Ardennes. Les français combattent vaillamment mais rien n’y fait : toutes les batailles livrées se soldent par des désastres. Le recul est général et aux premiers jours de septembre, les troupes allemandes sont aux portes de la capitale Française.  

TAXIS DE LA MARNE.jpg

Les Taxis de la Marne

 

Le commandement français bât en retraite « des Vosges à la Somme ». Joseph Galliéni (1849-1916), gouverneur militaire en charge de la défense de Paris, sait que pour arrêter la progression des allemands, pour sauver Paris, le front de la Marne doit être renforcé par un renfort de  troupes fraîches. Il réquisitionne 600 taxis, les fameux « taxis de la Marne », chargés d’acheminer 5 000 hommes sur les champs de bataille picards. 

Joffre.jpg

De son côté, un autre Joseph, Joseph Joffre, partisan de « l’offensive à outrance », extrêmement coûteuse en vies humaines, ordonne à ses armées de résister coûte que coûte. Le résultat ne se fait pas attendre : en quelques jours, en termes de tués, blessés, disparus et prisonniers, on déplore côté français plus de 370 000 hommes !

 

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Joseph Joffre (1852, 1931)

 

Et c’est dans ce contexte, en pleine bataille de la Marne, que le futur Maréchal de France rejette la responsabilité des échecs sur ses généraux présents sur le terrain. Il n’hésite pas à qualifier une centaine de ses gradés d’incompétents, d’apathiques et d’incapables d’assumer leur mission. Décrétés coupables, il va les écarter du front en les assignant à résidence dans la 12ème région militaire dont la capitale est Limoges. Pourtant, il sera prouvé que certains d’entre eux n’avaient nullement démérités. Seulement s’étaient-ils contentés d’obéir aux ordres…

 

C’est ainsi que le verbe « limoger » va entrer dans notre vocabulaire pour remplacer celui de « déplacer » ou  « disgracier ». Marcel Proust (1871-1922), notre normand d’adoption, est semble t’il l’un des premiers à avoir utilité le terme dans son roman « A la recherche du temps perdu » publié entre 1913 et 1927.

 

 

Biblio. « Petit dictionnaire des mots qui ont une histoire » de G. Henry – Ed. Tallandier – Paris - 2012

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