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09/01/2013

Promenade normande de la Marquise

Le 13 avril 1689, la Marquise, en réalité Baronne de Sévigné, née Marie de Rabutin Chantal, quitte Chaulnes en Picardie où elle vient de passer quelques jours de repos dans le château aujourd’hui disparu de son ami le Duc de Chaulnes, pour se rendre en Bretagne.  

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 La Marquise de Sévigné (1626-1696)

 

Elle se réjouit à l’idée de découvrir cette Normandie qu’elle connaît peu. Elle y est pourtant déjà venue, mais il y a de cela très longtemps, dans les années 1640, et elle en a gardé que peu de souvenirs. Elle est à Rouen le 31 avril et y passe la nuit.

Tout au long de son voyage, comme à son habitude, elle narre ses faits et gestes à sa fille, Françoise-Marguerite, comtesse de Grignan (1646-1705). 

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Ainsi, le lundi 2 mai, alors qu’elle vient d’arriver à Pont-Audemer, jolie petite cité de l’Eure d’un peu moins de 5 000 âmes,  traversée par la Risle, elle écrit : « J’ai vu le plus beau pays du monde. Il y a onze lieues d’ici à Rouen. J’ai vu toutes les beautés et les tours de cette belle Seine et les plus belles praieries du monde. Ses rives, pendant quatre ou cinq lieues ou j’étois sur le bord, n’en doivent rien à ceux de la Loire : ils sont gracieux ; ils sont ornés de maisons, d’arbres et de petits saules, de petis canaux qu’on fait sortir de cette grande rivière : en vérité, cela est beau. Je ne connaissois point la Normandie, je l’avoie vue trop jeune. »

Le jeudi 5 mai,  installée à Caen, elle raconte par ces mots son voyage : «  Nous sommes venus en trois jours de Rouen ici, sans aventures, avec un temps et un printemps charmants, ne mangeant que les meilleurs choses du monde, nous couchant de bonne heure, et n’ayant aucune sorte d’incommodités. »

Elle est sous le charme de la ville de Caen, la cité de Guillaume le Conquérant, qu’elle décrit comme « la plus jolie ville, la plus avenante, la plus gaie, la mieux située, les plus belles rues, les plus beaux bâtiments, les plus belles églises : des praieries, des promenades, et enfin la source de tous nos plus beaux esprits. » 

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Son périple l’emmène ensuite à Avranches, sur le littoral de la Manche : « Je voyais de ma chambre la mer et le mont Saint-Michel, ce mont si orgueilleux… Nous avons été sur le rivage longtemps, à toujours voir ce mont, et moi à songer toujours à ma chère fille. » 

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Arrivée à Rennes, capitale du Duché de Bretagne, le mardi 10 mai 1689, elle y est accueillie par Madame de Chaulnes, épouse du Gouverneur de Bretagne. La Marquise dit avoir fait  « cent bonnes lieues… en huit jours et demie de marche », sans se plaindre aucunement des fatigues du voyage, seulement de la poussière qui fait mal aux yeux ! 

 

 

Biblio : « Le voyage de Madame de Sévigné en Normandie » de J. Frémont – revue Généalogique Normande – 3ème trimestre 2004.

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