02/01/2013

Une dictée imprégnée de Normandie !

S’il n’est pas né en Normandie mais à Paris, Prosper Mérimée est issu d’une famille de normands. Son père, Léonor (1757-1836) est né à Broglie (Eure). Sa mère, Anne Louise Moreau (1774-1852), bien qu’ayant vu le jour dans le département de l’Yonne, avait également des racines normandes.  

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Prosper Mérimée (1803-1870)

 

Après des études au Lycée Napoléon, futur Lycée Henri IV, le jeune Prosper poursuit des études de droit, marchant ainsi dans les pas de son grand-père paternel François Mérimée, éminent avocat du Parlement de Rouen. Après l’obtention de sa licence en 1823, il se consacre à la littérature et publie sa première œuvre deux ans plus tard. Elle sera suivie de beaucoup d’autres dont Colomba en 1840 et Carmen en 1845 qui inspirera à Georges Bizet son célèbre opéra. On doit aussi à Prosper Mérimée d’avoir initier le recensement sur le territoire français des ensembles architecturaux remarquables, annonçant, avec un siècle d’avance, celui lancé par André Malraux. 

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Terrasse à Sainte-Adresse - Claude Monet -1867

 

Et bien entendu, il y a LA dictée ! La dictée de Mérimée. Il était académicien en 1857 quand, afin de divertir la Cour de Napoléon III (1808-1873), à la demande de l’Impératrice Eugénie (1853-1870), il l’a écrite et dictée. Et bien entendu, elle raconte un épisode normand…

« Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l’amphitryon, fut un vrai guêpier. Quelles que soient, et quelque exiguës qu’aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu’étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, il était infâme d’en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et mal bâtis, et de leur infliger une raclée, alors qu’ils ne songeaient qu’à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires. Quoi qu’il en soit, c’est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s’est laissé entraîner à prendre un râteau et qu’elle s’est crue obligée de frapper l’exigeant marguillier sur son omoplate vieillie. Deux alvéoles furent brisés ; une dysenterie se déclara suivie d’une phtisie, et l’imbécillité du malheureux s’accrut. — Par saint Martin ! Quelle hémorragie ! s’écria ce bélître. À cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l’église tout entière. »

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Napoléon III, l'Impératrice Eugénie et le Prince Impérial vers 1865

L’empereur aurait fait 75 fautes, l’impératrice, de naissance espagnole, 62, Alexandre Dumas fils 24, Octave Feuillet 19 et l’ambassadeur d’Autriche Metternich fils, seulement 3 !

 Biblio. Merci aux nombreuses pages sur le sujet et notamment celles de Wikipédia. 

 

Commentaires

Je vous félicite pour votre critique. c'est un vrai état d'écriture. Développez .

Écrit par : invité | 12/08/2014

Je vous applaudis pour votre critique. c'est un vrai exercice d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : invité | 12/08/2014

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