13/01/2013

Ce jour-là, 13 Janvier 1898...

... à la une de  «  l’Aurore »,  la lettre d’Emile Zola (1840-1902) au Président de la République Félix Faure (1841-1899). Le titre est sans équivoque,  un terrible et froid « J’accuse… !» C'est le véritable tournant de l’affaire Dreyfus, une affaire d’espionnage, dans un contexte de revanche contre l’Allemagne, qui va mettre en effervescence notre pays tout entier.   

J'accuse.jpg

A l'automne 1894, le Capitaine Alfred Dreyfus (1859-1935) est accusé d’avoir livré aux allemands des documents classés secrets. Après une enquête uniquement à charge, le militaire passe en conseil de guerre. Il est condamné à l’emprisonnement à perpétuité dans une enceinte fortifiée. Le 5 janvier 1895, dans la cour des Invalides, l’officier est dégradé, puis le 21, il est embarqué pour l’île du Diable, en Guyane française.  

DREYFUS.jpg

Alfred Dreyfus (1859-1935)

 

Aucun de ses proches, notamment son frère Mathieu et sa femme Lucie, ne croit en sa culpabilité. Ils vont donc se battre. Très vite, des détails troublants s'amoncèlent, des informations nouvelles s'accumulent, de graves irrégularités sont relevées dans l’instruction et le procès.

L’affaire devient nationale. Tout le monde s’interroge. Et si tout cela n’était qu’un coup monté ? Dreyfus, qui est juif, aurait-il été choisi par les antisémites pour discréditer toute la gauche ? On s’affronte, parfois même violemment. D'un côté les partisans de Dreyfus,  les "dreyfusards",  la gauche radicale et les socialistes, contre les anti-dreyfusards, la droite nationaliste soutenue par la presse catholique.

Au milieu de l’année 1895, le nouveau patron du Renseignement, le lieutenant-colonel Picquart, acquiert la conviction que le véritable coupable est en réalité  un commandant d’infanterie criblé de dettes, Ferdinand Esterhazy (1847-1923). En novembre 1896,  le journal « Le Matin » publie la preuve de sa culpabilité. Malgré cela, le 11 janvier 1898, le conseil de guerre l’acquitte.

Comme tout français, Emile Zola suit l’affaire. Il est convaincu de l’innocence de Dreyfus. Deux jours seulement après l’acquittement d’Esterhazy, il propose au tout nouveau journal « l’Aurore » une lettre ouverte au Président de la République dans laquelle il prend ouvertement position. C’est Georges Clemenceau (1841-1929), qui tient une rubrique dans ledit journal, qui trouve le titre choc : «  J’accuse ! »  

 

MANUSCRIT.jpg

 Première page du manuscrit d’Emile Zola

 

Les 300 000 exemplaires distribués le 13 janvier 1898 ont un retentissement immense.  Un mois plus tard, Zola, inculpé de diffamation publique, est condamné à un an de prison ferme. Il s’exile en Angleterre. Ses biens sont saisis et vendus aux enchères.

Le procès en réhabilitation du Capitaine Dreyfus se tient le 12 juillet 1906. A son issue, Dreyfus, décoré de la légion d’honneur, est  réintégré dans  l’armée avec le grade de Commandant.

 

Biblio. « L’histoire de France  en 2000 dates de Ph. Valode – Ed. Acropole 2011.

Historia Thématique – n°104 – Nov-Dec 2006

Écrire un commentaire