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28/11/2012

Un cambriolage chrétien

A Damville, petite localité située dans le sud du département de l’Eure et traversée par l’Iton, l’église Saint-Evroult a été victime d’un larcin.  

 

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Nous sommes dans la nuit du 15 au 16 juin de l’an de grâce 1741, sous le règne du roi Louis XV (1710-1774), le « Bien-aimé ».

Le curé de la paroisse relate ainsi le vol sur le registre des baptêmes, mariages et sépultures  de sa paroisse :  

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« La nuit du 15 au 16 de juin, l’église de Danville a esté volée de cette année 1741. Les voleurs ont entré par la fenestre qui est proche du petit dais, ils ont forcé et ouvert le trésor, n’i ont rien pris parce qu’ils n’ont pas vü 4 livres tournoi qui y estaient. Ils ont pris le cierge pascal. »

 

4 livres tournoi, soit l'équivalent de 60 euros, une bien belle somme à l’époque ! Les voleurs étaient-ils de bons chrétiens ou tout simplement malvoyants ?

25/11/2012

La sauce normande

Faire des sauces était un métier au Moyen-âge. Essentielle pour relever la saveur de viandes peut être moins variées que de nos jours ou pour masquer un fumet de poisson un peu trop poussé, comme dit le proverbe « elle valait mieux que le poisson » ! Talleyrand (1754-1638) dénombrait 360 sauces en France. Et parmi elles, bien sûr la sauce normande !

 

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C’est une sauce blanche, plus fine et plus épicée, dans laquelle le bon cidre normand et la non moins excellente crème fraîche de notre terroir se marient à l’oignon. Elle est de deux sortes : l’une pour le poisson et l’autre pour les viandes et légumes.

 

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Traditionnellement, pour les poissons, elle se travaille à partir d’un fumet fait au beurre avec les arêtes, nageoires, têtes et rognures du poisson, oignon émincé, thym, laurier, persil, sel et poivre, le tout mouillé au cidre. Quand la cuisson est à point, après avoir passé finement le fumet, on l’ajoute à un roux blond que l’on lie au fouet avec deux jaunes d’œufs en introduisant des dés de beurre fin jusqu’à ce que le mélange devienne crémeux. Un filet de citron et un passage à l’étamine, et votre sauce est prête au nappage de votre plat de poisson que vous allez servir bien chaud.   

sauce normande, cidre, crème fraiche

Pour les viandes et légumes, on met dans une casserole sur feu doux une grosse noix de bon beurre. On fait blondir un oignon émincé très fin et on ajoute encore 50 gr de beurre et une bonne cuillerée à bouche de farine que l’on travaille à la spatule de bois. Lorsque le mélange épaissit, on mouille au cidre en travaillant au fouet et en ajoutant encore quelques petits dés de beurre. Saler, poivrer, ajouter un peu de muscade ou de cannelle râpée. Au moment de servir, on incorpore au fouet un quart de belle crème fraîche et on finit avec un filet de citron.

 

Bon appétit !

 

Biblio. Normandie Actualité – n° 27 – 8-1974

Photo : merci au site quecapetille.com/pomme.htm

 

21/11/2012

Ce jour là 21 novembre 1783...

Pour la première fois ce jour-là, deux hommes, un scientifique et un aristocrate intrépide, s’envolent à bord d’un ballon à air chaud.  

 

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La scène se passe au-dessus du château de la Muette, sur l’actuel 16ème arrondissement, à l’ouest de Paris.

Nous sommes sous le règne du roi Louis XVI (1754-1793), roi de France et pas encore roi des Français. La situation financière du pays est catastrophique voire désastreuse (déjà !) Alors, bien qu’hésitant à prendre un risque humain, le souverain finit par donner son accord et souscrire à cette nouvelle expérience.

Les « montgolfières » sont nées un an plus tôt des travaux des deux frères Montgolfier. Des vols d’essai ont bien déjà eu lieu, notamment  à Versailles, avec des animaux, un canard, un coq et un mouton, premiers passagers aériens de l’histoire, mais le ballon était relié au sol par un cordage. Cette fois, il est non captif. S’ils réussissent, les deux héros seront les premiers hommes à échapper à la pesanteur terrestre !  

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 François Pilâtre de Rozier

 

Le jour dit, les membres de l’Académie des Sciences présents scrutent attentivement le ciel. A bord de la nacelle ont pris place François Pilâtre de Rozier et le Marquis d’Arlandes. Le ballon de 2 200m3 libéré s’élève jusqu’à 960 mètres au-dessus de leurs têtes avant qu’après environ 20 minutes de vol, l’équipage n’atterrisse sans dommage sur la Butte-aux-Cailles, actuel 13ème arrondissement, au sud-est de la capitale. Benjamin Franklin (1706-1790) lui-même rédigera le compte-rendu de cet exploit.  

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Jean-François Pilâtre de Rozier, professeur de Physique-Chimie à Reims, trouvera la mort à Vimille près de Boulogne-sur-Mer, le 15 juin 1785, à l’âge de 31 ans, dans le premier accident aérien de notre histoire, lors d’une tentative de traversée de la Manche en ballon.

Quant à François Laurent, marquis d’Arlandes (742-1809), il s’est éteint pauvre et ruiné dans son château de Saleton près d’Anneyron.

 

Biblio. merci aux pages Wikipédia sur le sujet.