09/12/2012

Rouen, ville thermale

Saviez-vous qu’au XVIIe et au début du XVIIIe siècle, nombreux étaient les curistes qui venaient en carrosses ou bateaux « prendre les eaux » chez nous, à ROUEN ? Celles-ci, très chargées en fer, d’une qualité égale à ce qu’il paraît aux eaux de Forges, « la concurrente régionale » étaient réputées salutaires aux malades souffrant d’anémies ou d’asthénies, des voies urinaires, aux femmes stériles et aux convalescents !

Si, dès 1601, est édité un ouvrage spécialisé intitulé « Hydrothérapeutique des fontaines médicinales nouvellement découvertes aux environs de Rouen très utiles et profitables à chacun », la véritable consécration, la consécration scientifique, viendra de la faculté de médecine de Paris qui reconnaît officiellement en 1716 la grande qualité des sources rouennaises.

Trois sites se partagent la clientèle des buveurs, la Maréquerie, rue Martainville dont les eaux proviennent de la Vallée de Darnétal, la fontaine Jouvence à Déville-lès-Rouen, dans la proche banlieue de la capitale normande et les établissements de Saint-Paul ou d’Eauplet situés sur l’actuel quai du Pré aux Loups, face aux Iles Lacroix et Brouilly.

Ces derniers, dont les eaux sortent du versant méridional de la Côte Sainte-Catherine, compteront jusqu’à 4 fontaines dont 2 vont connaître un véritable succès : la fontaine Saint-Paul connue également sous le nom de Fontaine de Fer, aujourd’hui disparue et la fontaine Voisin.

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 Au pied de la Côte Sainte-Catherine, de Darnétal à Rouen, sourdent 18 sources !

Les terres de Saint-Paul appartiennent au prieuré dépendant de l’abbaye de Montivilliers et comportent outre le prieuré des religieuses (dont on peut toujours admirer l’abside romaine devenue sacristie de l’église actuelle), la ferme de Saint-Paul louée de 1609 à 1790. 

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L'Eglise Saint-Paul aujourd'hui

C’est ce lieu de prière avant le XVIIe siècle qui va devenir lieu de santé au XVIIe siècle, puis lieu de plaisir au XVIIIe siècle et enfin lieu de travail à partir du XIXe siècle.

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 Le Manoir de Saint-Paul aujourd'hui

Pour permettre un accès plus commode, on aménage en 1709 un sentier, « le chemin neuf » qui part de la Porte Guillaume Lion et traverse le « Pré aux Loups ». Il deviendra « Cours Dauphin » en 1729, puis « Cours de Paris » et enfin « RN 13bis ».

Au « Manoir de Saint-Paul », on adjoint ensuite un petit pavillon dans lequel on « chauffe les eaux »  avant de les boire. Et pour finir, en 1713, on embelli le tout par l'adjonction d'une terrasse. On prend soin également des buveurs. Les fontaines, situées à l’extérieur et dont les cuvettes reposent sur des socles taillés dans de la pierre de Caumont, sont protégées à l’aide de toiles tendues.  

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 Une des fontaines aujourd'hui disparues

A partir de 1770, on se préoccupe de distraire les curistes. L’établissement se transforme alors en un véritable cabaret avec restaurant et salle de jeux (billard, boules, raquettes, cartes…). Les artistes locaux s’y produisent régulièrement. On vient les écouter, danser et s’amuser. On y boit aussi… et pas seulement de l’eau, au grand dam des religieuses de Montivilliers !

Le déclin s’amorce à la fin du XVIIIe siècle. En 1791, la station thermale fait l’objet d’une décision de rejet de la part des médecins. Le site, qualifié de lieu de débauche, est fermé et les curistes dirigés vers les eaux de la Maréquerie. En 1957, le domaine est vendu à l’association Saint-Paul qui accueille les jeunes isolés en situation difficile.

Biblio. « Quand Rouen était station thermale - Prendre les eaux… » de Daniel Caillet Côté Rouen 2012

Commentaires

Je vous applaudis pour votre article. c'est un vrai œuvre d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : invité | 12/08/2014

Je vous vante pour votre paragraphe. c'est un vrai état d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : invité | 12/08/2014

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