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25/08/2012

Richard-Lenoir : deux normands et un grand nom

Boulevard Richard-Lenoir : tous les maigretphiles (dont je suis) connaissent l’adresse parisienne du célèbre commissaire de Simenon. Mais saviez-vous que Richard-Lenoir est en fait le patronyme de deux normands ? 

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François Richard, le premier, est né dans le département du Calvados, à Epinay-sur-Odon, le 16 avril 1765.

Fils de fermier, doté d’un vif esprit, doué pour la spéculation, il débute comme domestique à Rouen puis s’installe dès 1783 à Paris en qualité de garçon de café. Econome, un peu fraudeur, malgré quelques démêlés avec la justice, il réussit grâce à des placements chanceux et des emprunts avantageux, à devenir propriétaire à Fayl près de Nemours d’un premier domaine  

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François Richard dit "Richard-Lenoir" - (1765-1840)

 

Sa rencontre en 1797 avec un jeune négociant normand, Joseph Lenoir-Dufresne, notre second homme, né à Alençon (Orne), le 24 juin 1768 d’un père marchand de tissus dans la capitale, va sceller définitivement son destin. Les nouveaux associés ont des personnalités différentes mais complémentaires. Richard possède la hardiesse des conceptions, Lenoir la sagesse et la circonspection. Tous deux ont un sens aigu du commerce et s’apprécient beaucoup. Ils se lancent donc dans la fabrique et le négoce de coton, notamment le « basins anglais » qui fait fureur à cette époque et installent leurs premières ouvrières dans le couvent abandonné de Bon-secours, rue de Charonne. Ils y créent la première manufacture parisienne de coton qui va devenir en peu d’année l’une des plus importantes de France.  Très vite, les deux hommes développent leurs activités en dotant leurs ateliers de machines à filer, notamment la « mule jenny » d’invention anglaise. Des fabriques voient rapidement le jour en Picardie, mais aussi chez nous, à Sées, Alençon, L’Aigle et Caen.

 

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 La Mule-Jenny

 

La fortune des deux hommes, leur renom et leur crédit est à son apogée quand, en 1806, Joseph s’éteint prématurément. Avant de mourir, il a demandé à son associé de ne jamais séparer leurs deux noms. C’est ainsi que François Richard devint « Richard-Lenoir ».

Il poursuit seul le travail entrepris et va accumuler en quelques années une fortune extraordinaire et devenir l’homme le plus riche de son siècle.

Toujours à la recherche de profits supplémentaires, il se lance dans la culture du coton. Là sera son erreur. La politique fiscale menée par Napoléon,  la réunion de la Hollande à la France facilitant la circulation de marchandises anglaises vont précipiter sa ruine. Sans ressources, après avoir vendu toutes ses propriétés, ce grand industriel manufacturier qui avait occupé plus de 20 000 ouvriers, va, jusqu’à son décès à Paris, le 19 octobre 1839, vivre misérablement d’une petite pension versée par son gendre.

 

Biblio. Merci aux pages wikipédia sur le sujet.

 

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