05/08/2012

Anthoine Legendre, Prince des jardiniers

Anthoine Legendre : ce qu’on sait de ce normand doit beaucoup à la légende. Né dans la jolie paroisse du Vaudreuil dans le département de l’Eure vers l’an 1591, il serait pour les uns rien moins que le demi-frère du roi Louis XIII, c’est-à-dire un fils illégitime de son père le roi Henri IV, et pour les autres, le descendant d’un grand seigneur présent dans notre belle province lors de la bataille d’Ivry.

Quoi qu’il en soit, il n’a pas vingt ans quand, à la Cour du Roi de France, il devient concepteur, organisateur et contrôleur des jardins fruitiers de sa Majesté. Le Roi Louis XIII lui accorde à ce titre un terrain d’environ 5 hectares pris sur la forêt de Roumare, alors domaine royal.  

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 Extrait du registre paroissial d'Hénouville de l'année 1622

Pourquoi, dans ces conditions, subitement en 1622, quitte-t-il cette charge prestigieuse pour se retirer à Hénouville, petite paroisse de Seine-Maritime en qualité de simple curé ? On raconte qu’une intrigue à la cour, un duel voire un secret d’alcôve l’aurait obligé à « se faire oublier »… Les recherches d’explication, y compris dans les registres de l’Archevêché, sont restes vaines…  et le mystère entier !

Durant son exil, qui va tout de même durer 43 longues années, entre les baptêmes, mariages et inhumations,  pour s’occuper, notre abbé normand va rédiger un traité intitulé « La manière de cultiver les arbres fruitiers » qui va faire référence. En effet, dans cet ouvrage publié en 1652 à Paris, l’homme de foi s’emploie à décrire de façon simple et claire la manière de cultiver les arbres fruitiers en espalier. Il y recommande comme essentielles les opérations du pincement et y traite également de l’ébourgeonnement, de la torsion et du palissage. Il y explique encore le plantage, la multiplication, la culture en pépinière, la préparation du sol, le choix des variétés destinées à recevoir la greffe... et met en vogue la greffe des  poiriers sur des cognassiers.    

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L’abbé jardinier décède le 12 avril 1665 (acte d'inhumation ci-dessous) dans sa paroisse d’Hénouville qu’il a administrée jusqu’en 1659. Son nom a été donné à l’un des carrés de l’ancien potager du roi, devenu par la suite l’Ecole nationale supérieure d’horticulture de Versailles. 

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Biblio. « L’œuvre de l’abbé Legendre, curé d’Hénouville » d’A. Serander paru dans Hénouville Contact, janvier 1999. Merci aux sites www.arehn.asso.fr et aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

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