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19/08/2012

La mort du Roi de Navarre aux pieds de Château-Gaillard

Le cœur d’Antoine de Bourbon (1518-1562), le père de notre Roi Henri IV (1553-1610), a longtemps balancé entre Eglise Catholique et Eglise Réformée, sans réussir jamais à choisir son camp.

Faut dire que Jeanne d’Albret (1528-1572), qu’il a épousée en 1548 et qui règne sur le royaume de Navarre hérité de son père depuis l’an 1555, est une libérale qui a instauré sur ses terres une totale liberté de Culte…  

Antoine-de-bourbon.jpg

 Antoine de Bourbon par François Clouet (1560)

 

Prince de sang, Antoine de Bourdon est un soldat qui aime les champs de bataille. Alors que les guerres de religion déchirent la France, il a choisi de rallier le Roi Charles IX (1550-1574) tout juste âgé de 10 ans et de servir la régente du royaume, la très catholique Catherine de Médicis (1519-1589).

Le voici donc en cette fin d’été 1562 en Normandie, à Rouen. La ville est aux mains des huguenots depuis déjà plusieurs mois et l’armée catholique qu’il commande aux côtés de Françoise de Guise (1520-1563)  est chargée de la reprendre à l’ennemi et aux soldats anglais venus en renfort, tous sous les ordres du Comte Gabriel de Montgomery (1530-1574).   

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 Plan de la Ville de Rouen assiégée en 1562

 

En qualité de Lieutenant Général du Royaume,  Antoine de Bourbon est en première ligne. L’homme n’a peur de rien. A son  habitude, il se montre audacieux. Bravant les dangers, il  n’hésite pas à s’exposer. Dans le courant de l’après-midi du 16 octobre 1562, alors qu’il visite les tranchées, il s’écarte du talus protecteur pour satisfaire un besoin naturel. Pris sous le feu d’une arquebuse ennemie, il est touché à l’épaule gauche. La balle se loge dans la tête de l’humérus. On ne parvient pas à l’extraire. L’infection s’installe. A cette époque, on ne connaissait pas les antibiotiques !  

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 Château Gaillard, surplombant la Seine

 

Le 15 novembre, le blessé est moribond lorsqu’il est embarqué à bord d’une galère pour remonter la Seine jusqu’à Paris. La gangrène a gravement progressé. Deux jours plus tard, à la hauteur des Andelys, c’est devant l’imposant Château Gaillard que le roi de Navarre expire. Il n’a que 44 ans. Dans la fièvre et le délire de l’agonie, il serait revenu au protestantisme. Pourtant, avant de s’embarquer, il s’est confessé et a reçu la communion d’un prêtre. Ses dernières pensées furent pour son fils, le futur Henri IV. En prenant par la barbe son valet italien, il lui aurait dit « Servez bien mon fils et qu’il serve bien le roi !».

On doit à Voltaire (1694-1778) d’avoir rapporté l’épitaphe sarcastique qu’on a brodée autour des circonstances triviales de sa blessure mortelle : « Ami français, le prince ici gisant, vécut sans gloire et mourut en pissant. »

 

 

Merci au site http://chrisagde.free.fr et aux pages wikipédia sur le sujet.

Commentaires

Je vous approuve pour votre éditorial. c'est un vrai boulot d'écriture. Continuez .

Écrit par : MichelB | 13/08/2014

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