21/04/2012

Le "candidat perpétuel" ou l'histoire d'un original qui repose en Normandie

En cette veille d’élections présidentielles, une petite devinette : savez-vous à qui l’on doit le garde-fou des 500 signatures d’élus instauré par le Général de Gaulle préalablement à tout dépôt de candidature à l’élection suprême ? Et bien, c’est à un fantaisiste, Ferdinand Lop, qui, dès 1946, avait annoncé sa « candidature perpétuelle » aux élections législatives et présidentielles avec le slogan « Tout pour le front lopulaire ». Marseillais d’origine, où il était né le 10 octobre 1891, c’est  chez nous, en Normandie, qu’il repose, au cimetière de Saint-Sébastien de Morsent, petite citée située dans l’arrondissement d’Evreux et dans le département de l’Eure.

 

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Ferdinand Lop (1891-1974)

 

Ferdinand Lop, c’était un  petit homme sec aux lunettes rondes et à la mine distinguée. Agrégé d’histoire, enseignant,  journaliste, dessinateur de talent, poète et auteur d’ouvrages très sérieux, ce « licencié ès canulars » avait commencé sérieusement une carrière de fonctionnaire au palais Bourbon en qualité de secrétaire d'un député de la Meuse. Mais son goût immodéré pour les mauvaises blagues et surtout son caractère imprévisible lui vaut d’être rapidement limogé de ses fonctions. Il prend alors dans la Capitale la direction d’une petite maison d’édition et se met à fréquenter assidûment le quartier latin où il est accueilli à bras ouverts par des étudiants toujours à la recherche de plaisanteries loufoques. Comme durant toute l’occupation, il se moque, au risque de sa vie, autant des allemands que du régime de Vichy, le farfelu qu’il est devient après la Libération la coqueluche d’une rive gauche qui le suit sans retenue dans ses délires. Entre « lopistes » et « anti-Lop », Ferdinand Lop trouve là un public à sa mesure ! Dès lors, il va se présenter systématiquement à toutes les élections, avec un programme qui « reste vague de peur de se le faire voler » mais où l’on trouve pêle-mêle  la suppression des wagons de queue dans le métro, l’extinction du paupérisme à partir de 10 heures du soir et la construction d’un pont de 300 mètres de large pour abriter les clochards ! Il demande aussi l’octroi d’une pension à la femme du soldat inconnu et clame à qui veut l’entendre « Le char de l’Etat a besoin de la roue d’un Lop ! »

 

Eternel malchanceux, celui qui se rêvait Chef de l’Etat se présentera en vain 18 fois à l’Académie française. Il se rendra aussi à Londres pour épouser la princesse Margaret, ce qui lui vaut d’être arrêté manu-militari par la police de sa très gracieuse majesté.

 

Sur la fin de sa vie, un peu passé de mode, pour améliorer ses maigres ressources, il se met à vendre ses livres et ses propres brochures aux terrasses des cafés.

 

 

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 L'église de Saint-Sébastien de Morsent (Eure)

 

Il s’est éteint dans la campagne euroise où il s’était retiré,  le 29 octobre 1974 à l’âge de 83 ans.

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet et au site laprovence.com.

 

  

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