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28/02/2012

Des noms célèbres devenus pathologies

Le poète Alfred de Musset (1810-1857)  et la Reine Marie-Antoinette (1755-1793) ont en commun d'avoir tous deux laissé leur nom à une pathologie.

 

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Portrait d’Alfred de Musset par Ch. Landelle

 

Le syndrome Marie-Antoinette ou « canitie subite » est une pathologie de perte accélérée des cheveux colorés, au profit des seuls cheveux blancs. On sait que les cheveux de la reine ont « blanchi » entre le 22 juin et le 25 juin 1791, c’est-à-dire dans les jours qui ont suivi la fuite manquée de la famille royale à Varennes.

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Portrait de la Reine  Marie Antoinette  par E. Vigée Lebrun

 

Madame Campan (1752-1822), première femme de chambre de Marie-Antoinette, rapporte dans ses Mémoires sa surprise quand elle constata, au retour de sa maîtresse, que les cheveux de celle-ci, au demeurant sûrement déjà poivre et sel, étaient « devenus blancs comme ceux d’une femme de soixante ans », alors qu’elle n’en avait que 36 !

Le stress important vécu par la Reine aurait radicalement agi sur ses cheveux bruns, les faisant tomber. Seuls ses cheveux blancs, dont la durée de vie est supérieure, ont alors résisté, transformant de fait la chevelure de l’infortunée souveraine qui disait elle-même que « ses cheveux étaient blanchis par le malheur ».

 

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Le "signe de Musset" désigne un des signes périphériques de l’insuffisance aortique, à savoir l’hyperpulsatilité artérielle. 

 

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Alfred de Musset a lui-même noté ce signe dans son poème « La nuit de mai », dialogue entre la muse et le poète tourmenté par la souffrance :

« Pourquoi mon cœur bat-il si vite ? -  Qu’ai-je donc en moi qui s’agite -  Dont je me sens épouvanté ? - Ne frappe-t-on pas à ma porte ? » De santé fragile, mais surtout en proie à l’alcoolisme, à l’oisiveté et à la débauche, Musset s'est éteint le 2 mai 1857 seulement âgé de 46 ans et quelque peu oublié.

  

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

24/02/2012

La Bénédictin, une pomme normande d'excellence !

Il existe des milliers de variétés de pommes. Et parmi elles, nombre de pommes traditionnelles issues de notre terroir normand comme la Bénédictin. C’est l’une des meilleures pommes au monde ! 

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On l’appelle aussi « œil de Nèfle », parce qu’elle possède la particularité physique d’avoir son œil au milieu d’une cuvette ou bien encore « reinette normande », la bénédictin est originaire de notre région où elle est  produite en abondance.

 

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C’est un beau fruit à stries rouges sur fond jaune-orangé. Sa peau est lisse et sa chair ferme, acidulée, sucrée et juteuse. Elle se récolte d’octobre à la fin février. On la déguste crue ou cuite et elle est excellente en accompagnement de chou rouge ou de boudin.

 

Alors, comme d’habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici la recette normande du boudin aux pommes * :

 

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Pour 6 personnes, il vous faut 6 bouts de boudin, 6 pommes Bénédictin, 1 filet de vinaigre de cidre ou ½ verre de cidre, 50 g de beurre, du sel et du poivre.

Eplucher les pommes, les couper en grosses rondelles et les faire dorer au beurre dans une poêle. Laisser cuire 6 à 8 minutes : elles ne doivent pas se défaire à la cuisson. Pendant ce temps, piquer les morceaux de boudin avec une fourchette pour qu’ils n’éclatent pas et les faire sauter dans une autre poêle pendant quelques minutes. Saler, poivrer. Servir avec les pommes après avoir déglacé la poêle des boudins avec le vinaigre de cidre ou le cidre et verser le tout sur les pommes.

 

Bon appétit !

 

* Recette issue du carnet de recettes de Normandie de M. Nouet – Ed. Ouest-France 2011.

 

21/02/2012

La confrérie des Conards de Rouen

Rassurez-vous, ce n’est nullement une grossièreté ! En ce jour de mardi-gras, citer les « Conards de Rouen », c’est se rappeler qu’il y a très longtemps, au XVe siècle, dans notre bonne ville de Rouen, les « jours gras », on savait s’amuser et surtout se moquer !

Selon la liturgie catholique, la « semaine des sept jours gras », qui se termine en apothéose par le « mardi gras », est une période durant laquelle on festoie !  

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 La première lecon des matines ordinaires du grand abbe des conards de Rouen, souverain monarcque de lordre : contre la response faicte par ung corneur a lapologie dudict abbe. Rouen, 1537.

 

A Rouen, chaque année à cette époque, une confrérie de joyeux drilles surnommés « les Conards » chevauchaient masqués dans toutes les rues de la capitale Normande, avec à leur tête un abbé mitré, crossé, monté sur un char, jetant à tous vents des rébus, des satyres, des pasquils et autres bouffonneries destinés à  « réformer les mœurs par le ridicule ». Ils en avaient officiellement obtenus le droit par un arrêt du Parlement de Rouen.  

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 Le Parlement de Normandie à Rouen

 

Leur périple commençait par le dépôt devant la grande chambre du très sérieux Parlement de Rouen, notre Palais de Justice actuel, d’une requête des plus bizarres, souvent rédigée en vers, qui avait pour effet immédiat de suspendre les très sérieux travaux de justice en cours afin de permettre aux magistrats d’accorder séance tenante (ils n’avaient pas d’autre choix) carte blanche aux Connards pour transformer la ville entière et durant trois jours en un gigantesque carnaval.

                                                                            

Dès lors, les cent clochers avaient beau se démener avec fracas pour appeler les fidèles aux prières habituelles, rien n’y faisait plus : le temps était à la fête et les braves gens ne voulaient plus entendre que les sermons de la rue !

 

Alors, « sans distinction de rang, de sexe, de fortune et de naissance, du sacré, même ou du profane, chacun pouvait avoir maille à partir avec les Conards, qui généralement s’en prenaient aux plus huppés». Au fil des impasses et ruelles de la cité, les conards glanaient les « faits vicieux », sottises, âneries, abus, injustices, scandales, médisances, intrigues, faveurs et autres bévues. Les histoires de maris jaloux, de femmes volages, de pères avares, de bourgeois parvenus, d’édits fiscaux injustes, de juges suspects, de prêtres simoniaques,… : tout leur était bon ! Ils n’épargnaient personne, à l’exception toutefois du Roi de France, et rien ne les arrêtait ! Et si certains tremblaient, d’autres se délectaient à l’idée de rire des farces à venir !

Elles étaient notées dans leurs registres et rapportées à leur abbé, l’abbé des conards qui allait de place en place, au son des fifres et des tambours,  accompagné de ses cardinaux et patriarches, rendre justice à sa façon et c’est après avoir béni la foule qui l’attendait, qu’il s’employait à la divertir.

 

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La ville de Rouen au Moyen âge

 

Tout cela se terminait le soir du Mardi-gras  par un grand banquet et des danses sous les halles de la Vieille Tour, devenues palais de l’Abbé des Conards. Pendant tout le temps des ripailles, un ermite lisait à haute voix, non pas la bible, mais la chronique de Pantagruel ! Plus tard, sur la scène, se jouaient des comédies et des moralités plus hardies que celles des rues ! Enfin, la docte assemblée décernait un prix au bourgeois de la ville qui, au dire de la majorité, avait fait « la plus sotte chose dans l’année ».

 

Des années durant, l’Archevêque de Rouen et son chapitre vont réclamer en vain l’interdiction de la confrérie des Conards de Rouen. Ils finiront par l’obtenir du Cardinal de Richelieu (1585-1642).

 

« Aux Conards est permis tout dire, Sans offenser du prince l’ire.

 

Biblio. « Histoire des Conards de Rouen » de A. Floquet – Bibliothèque de l’école des chartes, 1840. Merci au site persee.fr et aux pages Wikipédia sur le sujet.