14/03/2012

La Jeanne de Clément

On doit à Clément de Fauquembergue la seule effigie de Jeanne d’Arc exécutée de son vivant. Il l’a réalisée le 10 mai 1429 à l’annonce de la levée du siège d’Orléans.  

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 Portrait imaginaire de Jeanne d’Arc par Clément de Fauquembergue

 

Clément de Fauquembergue (? - 1438) est à cette époque greffier du Parlement de Paris. Successeur à ce poste de Nicolas de Baye (v. ma note 3.12.11), de janvier 1417 à septembre 1435, durant dix-huit années, il va noter scrupuleusement au jour le jour les nouvelles officielles, évènements politiques ou autres du Royaume de France.

Le témoignage qu’il va laisser sur l’épopée de Jeanne d’Arc (1412-1431) compte parmi les plus connus et les plus fréquemment invoqués. C’est en mai 1429 qu’il évoque pour la première fois la Pucelle d’Orléans. Il relate dans son journal le récit de la prise de la bastille des Tourelles le 7 mai 1429 par les « ennemis… qui avaient entre leurs rangs une pucelle portant bannière ». En marge de son texte, il trace à la plume un portrait imaginaire de cette Jeanne dont hérauts et crieurs colportent dans Paris la description. Il arme la bergère de Domrémy d’une épée et d’un étendard avec la simple devise « IHS ». 

 

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Journal manuscrit de Clément de Fauquembergue.

 

 

« Mardi Xe jour de may, fu rapporté et dit à Paris publiquement que, dimenche derrain passé, les gens du Dauphin, en grant nombre, aprez plusieurs assaulz continuelment entretenuz par force d’armes, estoient entrez dedens la bastide que tenoient Guillaume Glasdal et autres capitaines et gens d’armes anglois de par le Roy, avec la tour de l’yssue du pont d’Orleans par delà Loyre, et que, ce jour, les autres capitaines et gens d’armes tenans le siege et les bastides par deçà Loyre, devant la ville d’Orleans, s’estoient partiz d’icelles bastides et avoient levé leur siege pour aller conforter ledit Glasdal et ses compaignons et pour combattre les ennemis, qui avoient en leur compagnie une pucelle seule ayant baniere entre lesdis ennemis, si comme on  disoit. »

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La signature de Jeanne d'Arc

 

Il témoignera encore des faits d’armes de la Pucelle, et notamment le 2 septembre suivant, quant, lors de l’attaque des remparts de Paris vers la porte Saint-Honoré, il écrira : « blecée en la jambe, de trait, une femme que on appeloit la Pucelle, qui conduisat l’armée avec les autres capitaines de Messire Charles de Valois. »

Plus tard, c’est en termes modérés et mesurés voire respectueux qu’il relatera la capture de Jeanne d’Arc par les Bourguignons sous les murs de Compiègne. Lors de son procès et de sa mort à Rouen, brûlée sur un bûcher comme hérétique et relapse, il fera aussi appel à la miséricorde divine pour son âme.

 

Biblio. « Les plus belles pages manuscrites de l’histoire de France » - R. Laffont Editions – 1993

Merci au site http:// www.stejeannedarc.net

 

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