13/06/2012

Un normand à l'origine de la forêt des Landes de Gascogne !

C’est un normand et il est considéré comme le créateur de la forêt des Landes de Gascogne, ce massif forestier de près d’un million d’hectares, le plus grand d’Europe occidentale,  situé au sud-ouest de la  France.  

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 Acte de baptême de Nicolas Thomas Brémontier

Surnommé « le bienfaiteur des départements maritimes de France », Nicolas Thomas Brémontier est né au Tronquay, un petit village du département de l’Eure, situé dans le canton de Lyons-la-Forêt, le 30 juillet 1738, année où  le Roi Louis XV, âgé de 60 ans, consacre son temps à la Comtesse du Barry qui a fait son entrée à la cour en tant que maîtresse officielle de sa majesté.

Les époux Brémontier, riches cultivateurs normands, envoie leur fils étudier à Paris à la toute nouvelle école royale des Ponts et Chaussées créée en 1747. Diplômé, notre normand exerce tout d’abord comme professeur de mathématiques à Toulon (Var), puis se retrouve à Périgueux et enfin à Bordeaux, en 1770 en qualité de sous-ingénieur.

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 Portrait de Nicolas Brémontier (1738-1809)

A cette époque, la majeure partie du territoire des Landes n’est autre qu’une zone humide et insalubre exploitée par des éleveurs de moutons, des bergers landais, perchés sur leurs échasses. Le long du golfe de Gascogne, entre la Gironde et l’Adour, des « dunes blanches » de sable quartzeux,  disposées en plusieurs chaînes parallèles au rivage de la mer, couvrent entièrement l’espace, empiétant chaque jour un peu plus sur la terre ferme, menaçant les villages et ensablant les pâturages.

Très vite, Nicolas Brémontier est persuadé de la nécessité de fixer ces dunes. Reprenant dès 1778 une idée exploitée antérieurement par des seigneurs locaux, il démontre aisément qu’on peut arrêter la progression des sables mobiles et donc le phénomène d’envahissement, en fixant les dunes par des semis de pin maritime, seul arbre pouvant croître dans un tel milieu et qui d’ailleurs borde l’océan depuis l’Antiquité. Non seulement ses racines vont fixer et immobiliser  le sol, mais la transformation en un terreau fertile et solide des feuilles mortes va également contribuer à l’assainir !

Brémontier monte à Paris. Sans peine, il va convaincre le gouvernement du Roy et les gros investisseurs de la fiabilité de son projet car ces derniers savent que les dérivés de la résine vont jouer un rôle indispensable dans l’industrie naissante.

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Des travaux d’expérimentation sont lancés au printemps 1787. Malgré les perturbations liées à la Révolution Française, ils vont se poursuivre. En 1801, un arrêté signé par les Consuls de la République stipule qu’ « Il sera pris des mesures pour continuer de fixer et planter en bois les dunes des côtes de Gascogne en commençant par celles de La Teste de Buch, d’après les plans présentés par le citoyen Brémontier, ingénieur, et le préfet du département de la Gironde. »

La loi du 19 juin 1857 de Napoléon III (1808-1873),  sonnant le glas du système agro-pastoral,  ordonne le drainage et l’ensemencement de l’ensemble des terres marécageuses.

La fixation des dunes s’est achevée en 1876 après que 88 000 hectares aient été ensemencés. C'est ainsi que naquit la grande forêt des Landes que nous connaissons aujourd’hui.

Quant à Nicolas Brémontier, nommé inspecteur général des Ponts et Chaussées en 1802, il rejoindra Paris où il décèdera le 16 août 1809à l'âge de 71 ans. 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet. 

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