04/01/2012

La "mâle journée d'Agincourt"

Eté 1415 : les anglais débarquent en Normandie. A la tête d’environ 10 000 soldats, le roi Henri V (1387-1422), veut s’emparer du trône de France occupé par Charles VI (1368-1422).  

1.JPG

 Vigiles de Charles VII, fin XVe siècle – B.N.

 

En octobre, après avoir conquis la ville d’Harfleur, les anglais franchissent la Somme et prennent la direction de Calais. Mais sur leur chemin, le 25 octobre, une armée française forte de 30 000 hommes leur barre le passage ! Supérieurs en nombre, les français sont certains de leur victoire ! C’était sans compter sur la météo. Car en ce début d’automne, dans la clairière située entre le bois d‘Azincourt et celui de Tramecourt près du village d’Azincourt, dans l’actuel département du Pas-de-Calais, il pleut ! Il pleut sans discontinuer depuis plusieurs jours ! Il pleut à verse ! Les terrains, gorgés d’eau, sous l’action combinée de la pluie et des piétinements des chevaux, vont se transformer en champs de boue, en quasi-marécages, où bêtes et gens s’enfoncent inexorablement. La lourde armure des chevaliers, les côtes de maille, leur épée, le harnachement des chevaux, tout contribue à l’enlisement des montures et de leurs cavaliers. De son côté, Henri V n’a d’autre solution que d’aligner ses hommes en position défensive. A midi, les français lancent l’assaut. Entravés par leurs armures, gênés par la boue et les flèches ennemies, les chevaliers décident d’avancer à pied vers l’ennemi. Mais là encore ils s’embourbent. Leurs lignes sont tellement compactes qu’aucun d’eux ne peut se servir de ses bras pour manier la lance. Alors, les archers anglais, très disciplinés, vont de sang froid, à l’aide de leurs armes, de haches et de couteaux, exterminer l'armée ennemie. Après cinq heures de carnage, le camp Français compte 7 000 morts ! Craignant une contre-attaque qui ne viendra pas, le roi anglais fait de plus tuer sur place une partie des prisonniers. Seuls 1500 d'entre eux vont finalement prendre le lendemain la route vers l'Angleterre.  

En ce jour tragique, ce n'est pas seulement une grande partie de la chevalerie et de la noblesse de notre pays qui a été anéantie, mais le royaume de France.  

Jean Le Fevre.jpg

Jean Le Fevre de Saint-Remy – vers l’année 1450 – Auteur inconnu

 

De cette « male journée d’Agincourt », le chroniqueur Jean Le Fèvre (1395-1468), seigneur de Saint-Rémy, dit Toison d’or, qui avait assisté à la bataille, côté anglais, nous a laissé un récit détaillé dans sa « Chronique ou Histoire de Charles VI, roy de France ». Né à Amiens vers 1395, il n’avait que 19 ans au moment des faits. Il avait cependant confronté ses souvenirs avec ceux de Jean de Wavrin (1394-1475), homme de guerre mais aussi homme de lettres, qui lui se trouvait du côté français. 

2.JPG

Chroniques, XVe siècle – B.N.

 

« ... Quand le roi d’Angleterre vit et aperçut clairement qu’il avait obtenu la victoire contre ses adversaires, il remercia Notre Seigneur de bon cœur ; et bien y avait cause car de ses gens ne furent morts sur la place qu’environ 1 600 hommes de touts états, entre lesquels y mourut le duc d’York, son grand oncle, et de comte d’Oxford. Ensuite, le roi, se voyant victorieux sur le champ, et tous les Français départis, sinon ceux qui étaient demeurés prisonniers ou morts sur la place, appela avec lui aucuns princes au champ où la bataille avait été. Quand il eut regardé la place, il demanda comment avait nom le château qu’il voyait assez près de lui ; on lui répondit qu’il avait nom Agincourt. Alors le roi d’Angleterre dit : « Pour autant que toutes les batailles doivent porter le nom de la prochaine forteresse où elles sont faites, celle-ci, maintenant et perdurablement aura nom : la bataille d’Agincourt... »

  

 

Biblio : L’histoire de France pour les nuls de J-J. Julaud - First Edition 2006, 500 histoires de l’histoire de France – Collectif –Editions De Vecchi 2010, Les plus belles pages manuscrites de l’histoire de France – B.N. - Ed. R. Laffont 1993.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

Écrire un commentaire