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21/01/2012

L'horoscope funeste de Madame la Dauphine !

Un savant astrologue de Turin* le lui avait prédit : elle mourrait dans sa vingt-septième année. Elle en parlait souvent, comme d’une chose inéluctable. Marie Adélaïde de Savoie était une princesse gracieuse, vive, aimable, fraîche et d’un naturel enjoué. Elle disait « Il faut bien que je me réjouisse, puisque je ne me réjouirai pas longtemps ! » Bien que de santé fragile, elle aimait la fête, la chasse et tous les plaisirs de la cour.

 

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Marie Adélaïde de Savoie (1685-1712)

 

Son mari, Louis, Duc de Bourgogne (1682-1712), petit-fils de Louis XIV, lui vouait un amour infini. Ils eurent trois fils, trois « Louis », le premier décéda avant son premier anniversaire, le second mourut moins d’un mois après ses parents, le troisième devint roi.

 

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Le mariage de Louis de France, Duc de Bourgogne et de Marie Adélaïde de Savoie, le 7 décembre 1697 – A. Dieu)

 

Approchant de l’age fatidique, elle avait dit à son mari « Voici le temps qui approche où je dois mourir. Vous ne pouvez pas rester sans femme, à cause de votre rang et de votre dévotion : dites-moi, je vous prie, qui épouserez-vous ? »

« J’espère, lui avait-il répondu, que Dieu ne me punira jamais assez pour vous voir mourir ; et si ce malheur devait arriver, je ne me remarierai jamais ; car dans les huit jours, je vous suivrais au tombeau. » Et c’est ce qui arriva !

Quand la jeune dauphine tomba malade, en février 1712, elle savait qu’elle n’allait pas en réchapper ! Cela commença par une forte fièvre, des plaques rouges et une grande faiblesse… Elle reçu l’extrême onction le 11 et mourut le lendemain, 12 février 1712. Son mari présentait déjà les mêmes plaques rouges que sa femme. Il décéda le 18 février, soit 6 jours plus tard que son épouse. 

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Extrait du registre paroissial de Versailles

 

On saura plus tard que tous deux ont été victimes d’une fièvre infectieuse, éruptive, à marche rapide, sorte sans doute de rougeole épidémique ou de scarlatine.

Les deux enfants du couple, malades également, furent livrés aux mains des médecins. Ils « soignèrent » d’abord l’aîné et le tuèrent en peu de jours. Le second fut sauvé grâce au bon sens de sa gouvernante qui s’enferma avec lui dans une pièce du château et le tint ainsi bien au chaud. L’enfant se remit. Il avait deux ans. C’était le dernier survivant de la branche aînée des Bourbons. Il sera couronné sous le nom de Louis XV !

 

* On doit la connaissance de cette histoire à la Princesse Palatine, Madame, mère du Régent, qui l'a relatée dans ses mémoires.

 

Biblio. Historia N° spécial 356 bis – 12.1997

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

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