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15/02/2012

Des cochons mélomanes !

Le roi Louis XI n’était connu ni pour sa charité ni pour son sens de l’humour. Ce perpétuel malade, qui, parait-il, torturait à plaisir ses ennemis, est à l’origine de la construction d’un instrument de musique peu ordinaire.

 

Louis XI.gif

 

Le Roi Louis XI (1423-1483)

 

Voici l’histoire : Les habitants de la Province d’Anjou, et notamment ceux des arrondissements d’Angers et de Beaugé, tiraient la quasi-totalité de leurs revenus du produit des porcs qu’ils élevaient et engraissaient sur leurs terres. Ces bêtes, destinées notamment à l’approvisionnement de la Ville de Paris, étaient régulièrement acheminées vers les foires et marchés de la région. Ils encombraient à tel point les voies de circulation qu’il était certaines fois impossible aux voyageurs de s’y frayer un passage.

 

 

Foire aux cochons.jpg

 

Foire aux cochons

 

Le roi, qui aimait parcourir son royaume,  rencontrer  les notables locaux, apprendre de leurs bouches les problèmes de son peuple, était ce jour-là en terre angevine. Importuné par ces mammifères et leurs très désagréables grognements, il dit en plaisantant (ce qui était fort rare) à l’Abbé de Baigné qui le suivait ordinairement dans ses déplacements : « Faites-nous donc quelque belle harmonie avec le chant de ces oiseaux ! »

 

En sa qualité de Maître de musique, l’abbé, homme d’esprit, fit donc construire « une machine dont la décoration imitait un buffet d’orgue, élevé sur un soubassement dans lequel étaient pratiquées des cases ou loges de diverses grandeurs destinées à placer des cochons de différents âges, du cochon de lait au porc pesant plus de 200 à 300 livres ». Des pointes de fer, disposées sur ces cases et mises en jeu par un clavier semblable à celui de l’orgue, piquaient ces animaux en leur arrachant des cris. Ainsi, au fur et à mesure que l’abbé jouait sa mélodie, martyrisant sans complexe ces pauvres bêtes, elles se mettaient à hurler de façon si ordonnée et consonante que le roi s’en amusa beaucoup. De très loin, à ce qu’il paraît, cela pouvait ressembler aux sons de l’orgue de cette époque reculée. 

 

Cochons en musique.jpg

 

Si l’abbé fut très largement récompensé, on devine aisément quel fut le sort des malheureux cochons !

 

 

Biblio « Recherches historiques sur l’Anjou et ses monuments – Vol. 1 Angers » par J.F. Bodin et Historia n° spécial 356bis – 12-1997

 

06:30 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

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