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12/11/2011

Louis Bouilhet, l'ami de Flaubert

Comme deux gouttes d’eau et comme les deux doigts de la main : Tous deux sont semblables, tous deux sont unis, tous deux sont normands et tous deux sont écrivains. Mais si le premier a marqué profondément la littérature française, on a surtout retenu du second qu’il était l’ami du premier. 

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Le premier, c’est Gustave Flaubert (1821-1880), l’auteur de « Madame Bovary » (1857), l’un des meilleurs prosateurs de son temps. Le second, c’est son fidèle complice Louis Bouilhet. 

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C’est par un bel après-midi de dimanche, à l’heure des vêpres, qu’il naît le 27 mai 1821 à Cany, petit village situé entre Saint-Valéry-en-Caux et Yvetôt, dans le département de la Seine-Maritime. Il est le fils d’un médecin des armées de l’Empire qui, en qualité de chef des ambulances dans la campagne de 1812, passe la Bérézina à la nage portant sur sa tête la caisse du régiment. Il en revient avec des souvenirs plein la tête mais aussi avec une santé ébranlée. Après son décès en 1832, il ne transmet à son fils que deux cahiers de chansons et d’odes, une comédie, mais surtout, et c’est le plus important, un réel don pour l’écriture.

Le jeune garçon est intelligent, doté d’un esprit vif et curieux. Elève brillant au Collège Royal de Rouen, il obtient son baccalauréat en 1840. Il choisit la médecine et entre comme interne à l’Hôtel Dieu de Rouen, dans le service d’Achille Flaubert, le père de Gustave. Mais, sans réelle motivation pour cette carrière face à trop de goût pour les lettres, il abandonne Flaubert père pour rejoindre Flaubert fils.  

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 Portrait de Louis Bouilhet

 

Ces deux-là se connaissent depuis les bancs du collège, mais c’est en 1846, alors que l’un comme l’autre se décident à écrire, que va véritablement débuter leur amitié. « Voilà un homme, ce Bouilhet » disait Gustave, un homme sincère qui n’hésitera pas à lui conseiller un jour d’automne 1849 à Croisset de jeter au feu la première version de « La tentation de Saint-Antoine », un homme éclairé qui lui suggérera de s’intéresser à un fait divers local, lequel deviendra l’immense « Madame Bovary ». Et ainsi, pendant près d’un quart de siècle, ils vont s’épauler, se conseiller et se compléter. « Louis était celui qui voyait dans ma pensée plus clairement que moi-même. » 

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Portrait de Gustave Flaubert

 

Bouilhet obtient ses premiers succès en 1856 avec sa pièce de théâtre « Madame de Montarcy », puis l’année suivante avec la publication d’un poème historique en 5 chants décrivant les mœurs romaines sous l’Empereur Commode « Mélaenis, conte romain », ouvrage qu’il dédie à son ami Flaubert. D’autres œuvres suivront mais sans jamais qu’aucune n’atteigne le succès de celles de Flaubert. « Aucune vie cependant, affirmera celui-ci, ne méritait plus que la sienne. »

Louis Bouilhet, rentré à Rouen, s’éteint le 18 juillet 1869. Il n’a que 48 ans ! Inhumé au Cimetière Monumental de la Ville, sa tombe se trouve à quelques pas de celle de son ami de toujours qui dira « En perdant mon pauvre Bouilhet, j’ai perdu mon accoucheur… Sa mort m’a laissé un vide dont je m’aperçois chaque jour davantage. »

Guy de Maupassant (1850-1893), un autre normand, lui dédiera ses vers :

« Pauvre Bouilhet ! Lui mort ! Si bon, si paternel !

Lui qui m’apparaissait comme un autre Messie

Avec la clef du ciel où dort la poésie.

Et puis le voilà mort et parti pour jamais

Vers ce monde éternel où le génie aspire.

Mais de là-haut, sans doute, il nous voit et peut lire

Ce que j’avais au cœur et combien je l’aimais. »

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

Commentaires

Je vous vante pour votre paragraphe. c'est un vrai travail d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : MichelB | 13/08/2014

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