Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/12/2011

Louise Hervieu, le combat d'une vie

Si cette « normande pur jus », comme elle aimait à se présenter, est née à Alençon (Orne) le 26 octobre 1878, c’est en réalité au département de la Manche, d’où sont originaires ses parents, qu’elle se sentait « rattachée par toutes ses fibres ». Et particulièrement à la commune de Bretteville-sur-Ay située dans l’Arrondissement de Coutances, où elle passe ses jeunes années, où elle se réfugie  durant « la Grande Guerre », où elle séjourne plus tard pendant ses vacances.   

Louise Hervieu 3.jpg

 Acte de naissance de Louise Hervieu

De constitution extrêmement fragile, syphilitique de naissance, sa santé ne lui permet pas d’envisager comme elle le souhaite de suivre des études pour devenir institutrice. Elle se tourne donc vers la peinture. En 1905, elle expose pour la première fois à Paris au Salon des Indépendants. Alors qu’elle commence à se faire un nom, elle perd progressivement l’usage de la vue et est contrainte d’abandonner la peinture pour ne plus se consacrer, dès 1915, qu’au dessin en noir et blanc. Et c’est en illustrant en 1920 « Les fleurs du mal » de Baudelaire, qu’elle atteint la notoriété tant attendue.

 Louise Hervieu 2.jpg

 Femme à sa toilette – L.  Hervieu

Alors que son état physique continue à se dégrader, plongée dans une dépendance quotidienne à la souffrance, sur les conseils de Colette qui lui dit « Ecris, tu peux écrire, ma Louise », elle se tourne vers ce nouveau moyen d’expression et publie son premier roman en 1921. A cette époque, elle est en charge de l’éducation de sa nièce, la fille de Gaston Berheim, Comme la petite fille est sourde et muette, Louise n’a d’autre moyen pour se faire comprendre d’elle que de tracer, mot à mot, les phrases qu’elle prononce. Ainsi vont naître en 1921 les « Entretiens sur le dessin pour Geneviève », son premier ouvrage imprimé. D’autres suivront et parmi eux, « Le bon vouloir » qui sera couronné par l’Académie Française et surtout « Le sang », l’histoire de quatre générations de paysans du Cotentin victimes d’une lourde hérédité pathologique, pour lequel elle recevra le Prix Fémina en 1936 et qui lui permettra d’afficher au grand jour la lutte qu’elle mènera sa vie durant contre ce fléau dont elle a été une victime innocente.

 Carnet de santé.jpg

Et c’est d’ailleurs à cette femme et à son combat que l’on doit l’attribution, obtenue de haute lutte, d’un « carnet de santé » qui, par arrêté ministériel du 1er juin 1939, est délivré à chaque nouveau-né et dans lequel sont inscrits les antécédents des parents puis tous les soins, toutes les maladies de l’enfant puis de l’adulte jusqu’à son décès.  

L. HERVIEU 1.jpg

  Louise Hervieu

Après avoir passé les dernières années de sa vie dans sa propriété proche du Parc Montsouris, Louise Hervieu s’est éteinte le 11 décembre 1954 à Versailles à  l’âge de 76 ans.

Biblio. Merci aux pages Wikimanche et Wikipedia sur le sujet.

 

Les commentaires sont fermés.