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05/10/2011

Froissart, chroniqueur du Moyen-Age

Georges d’Amboise (1460-1510), Cardinal-Archevêque de Rouen et Premier Ministre du roi Louis XII, avait fait bâtir le Château de Gaillon (Eure), l’une des « suprêmes extravagances de la Renaissance ».  

 

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Georges d'Amboise, Héliographie par Joseph Nicéphore Niépce

 

Sa bibliothèque, fondée en partie sur celle du roi d’Aragon qu’il avait achetée en bloc, contenait plus d’un millier de luxueux manuscrits enluminés dont celui des « Chroniques de Froissart », « un grand volume en parchemin, nommé Froisart, couvert de velours tenné, richement enluminé e hystorié, garny de loton doré ».

 

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 Chroniques, XVe siècle (BN)

 

Le manuscrit comportait 263 feuillets de vélin et était orné par 194 miniatures, elles-mêmes inscrites dans des colonnes enluminées, plus quatre panneaux de quatre miniatures en pleine page, le tout dans une reliure d’apparence française mais certainement d’origine italienne. 

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 Statue de Froissart - Cour du Palais du Louvre - Paris

 

Jehan Froissart, né à Valenciennes dans le Comté du Hainaut (aujourd’hui département du Nord), vers 1337, est l’un des plus importants chroniqueurs de son époque. Historien officiel à la cour de  Philippa de Hainaut (1311-1369), l’épouse du roi Edouard III d’Angleterre (1312-1377), il va passer sa vie à s’informer, à voyager et à témoigner sur ce qu’il a vu et appris. Ses Chroniques, qui relatent en 4 livres l’histoire médiévale anglaise allant des années 1322 à 1400, c’est-à-dire les évènements de la première moitié de la Guerre de Cent Ans, sont écrites en langue française. Placé entre les deux royaumes, il traite les évènements à la manière d’un « reporter », s’attachant aux détails concrets, aux hommes et à leurs émotions. 

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 La page de Froissart  sur le Bal des Ardents organisé par Charles VII le 28 janvier 1393.

 

Le premier livre des Chroniques, composé vers 1370, est nettement inspiré, pour les années 1325-1356, des Vraies chroniques de Jean Le Bel (1290-1370), autre grand imagier de son époque et maître de Froissart. « Un somptueux praticien comme le chanoine Jean Le Bel eut le talent d’écrire ses vraies chroniques avec tant d’allégresse que Froissart les adopta comme modèle » (Jean Lejeune).

Après la publication de ce premier ouvrage et la mort de Philippa, Froissart passe au service de son beau-frère, Robert de Namur (1323-1391), de sa belle-sœur Jeanne de Brabant (1322-1406), du mari de celle-ci Wenceslas de Luxembourg (1337-1383) et enfin de Guy de Blois, seigneur de Chimay, décédé en 1397. En 1388, il fait un long séjour chez Gaston Phoebus (1331-1391) avant de se trouver un dernier protecteur, Aubert de Bavière (1336-1404).

Il séjourne une dernière fois en Angleterre en 1395 et aurait fini ses jours à l’Abbaye Sainte-Monégonde de Chimay.

La première édition imprimée des « Chroniques de France, Dangleterre, Descoce, Despaigne, de Bretaigne, de Gascongne, de Flandres et lieux circunuoisins » date de 1494.

 

Biblio. « Un grand reportage illustré » de B. Galimard Flavigny – Historia N°539 – 11-1991 et « Les plus belles pages manuscrites de l’histoire de France » B-N – R. Laffont 1993.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

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