09/11/2011

Le tombeau du soldat inconnu

 

«Qui sait si l'inconnu qui dort sous l'arche immense,
Mêlant sa gloire épique aux orgueils du passé
N'est pas cet étranger devenu fils de France
Non par le sang reçu mais par le sang versé ? ».

« Le volontaire étranger » - Pascal Bonetti - 1920

 

C’est à Augustin Thin (1899-1982), un jeune normand originaire de Saint-Vaast-la-Hougue (Manche), qu’échut l’honneur de désigner en 1920 le soldat inconnu.

Au lendemain de la Première Guerre Mondiale, François Simon, Président du Souvenir français de Rennes propose de rendre hommage à tous les disparus non identifiés du conflit sanglant qui vient de prendre fin en inhumant solennellement au Panthéon le corps d’un des soldats anonymes tombés au combat.

Le 12 novembre 1919, la Chambre des Députés adopte le principe d’une commémoration pour l’année suivante. Sous la pression des anciens combattants qui réclament un lieu spécifique unique de sépulture comme dernière demeure du soldat inconnu, on renonce au Panthéon au profit de l’Arc de Triomphe, place de l’Etoile à Paris. 

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Dans chacune des huit régions du front (Flandres, Artois, Somme, Ile-de-France, Chemin des Dames, Champagne et Lorraine), dans les secteurs où se déroulèrent les combats les plus meurtriers, le corps d’un soldat à l’identité personnelle impossible à établir mais reconnu comme militaire servant sous l’uniforme français est exhumé. Le 9 novembre 1920, les restes de ces 8 soldats sont placés dans des cercueils de chêne et acheminés vers une chapelle ardente dressée à la citadelle de Verdun. Les murs sont drapés de toiles blanches et ornés des drapeaux français sur lesquels des palmes ont été déposées. Une compagnie du 132ème régiment d’infanterie, habillée de neuf, l’arme au pied, assure la garde d’honneur. 

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Le lendemain, 10 novembre 1920, le soldat inconnu est choisi parmi eux par le plus jeune engagé volontaire de 1918. C’est homme, c’est Auguste Thin. Engagé à 19 ans, le 3 janvier 1918 à Lisieux (Calvados), soldat de 2ème classe, il est également pupille de la Nation. Il lui appartient de déposer le bouquet d’œillets tricolores que vient de lui tendre le ministre des Pensions André Maginot (1877-1932) sur l’un des huit cercueils. Très ému, l’homme de 21 ans pense à son corps, le 6ème, et à son régiment, le 132ème. En additionnant 1 + 3 +2, de nouveau le chiffre 6. Thin se fige au garde-à-vous et dépose les fleurs sur le 6ème cercueil qui devient ainsi le « soldat inconnu ». Les autres corps sont inhumés dans un cimetière de Verdun. 

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Le lendemain, le cercueil est conduit au Panthéon où 800 drapeaux lui rendent un émouvant hommage. Ce n’est que le 28 janvier 1921 que le soldat inconnu prend possession de sa tombe définitive, faite en granit de Vire sous une voûte latérale de l’Arc de Triomphe. Deux ans plus tard, le 11 novembre 1923, est allumée la flamme éternelle, symbole du souvenir qui ne doit jamais s’éteindre.

 

Biblio : « Le soldat inconnu » - Historia n° 563

Photos : merci au site www.cheminsdememoire.gouv.fr

 

08:29 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

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