10/09/2011

Cabourg, le romantisme à la normande

Aux portes du Pays d’Auge, sur la Côte Fleurie, Cabourg, dans le Calvados, a encore aujourd’hui ce charme désuet des stations balnéaires de la Belle Epoque. Suivez-moi pour une promenade dans son histoire.

 

cabourg.png

 

A la fin du XIXe siècle, qui aurait pu croire que ce petit village de moins de 300 âmes, installés sur la rive gauche de la Dives et vivant de la pêche, le plus pauvre alors de tout le département, deviendrait l’une des stations les plus bourgeoises de la Normandie ?

Cette transformation, la cité la doit à Henri Durand-Morimbau, homme d’affaires et avocat parisien qui découvre le site en 1853 : une vaste étendue de sable fin dominée par des dunes formant une terrasse naturelle. Décidé à transformer cet endroit en un « nouvel établissement de bains de mer » destiné aux parisiens les plus fortunés, aussitôt rentré à Paris, il contacte son ami Achille Collin, Directeur d’un théâtre parisien, et tous deux battent le rappel du Tout-Paris de l’époque, artistes, journalistes et écrivains comme Théophile Gautier et ensemble fondent une société en nom collectif, la Société Thermale. Grâce à elle, ils achètent les terrains riverains de la mer, constitués de dunes et d’herbages. Mandaté, l’architecte V. Robinet trace un plan de ville en forme d’éventail rappelant celui des théâtres gréco-romains : les avenues, plantées d’arbres aux multiples essences (tilleuls, sycomores, acacias…), convergent vers une place centrale sur laquelle est érigée un casino en bois, principal lieu de rendez-vous de la population balnéaire. C’est ce choix qui marque aujourd’hui encore la physionomie de Cabourg.

 

Cabourg 2.jpg

 

L’inauguration de la nouvelle station a lieu le 15 août 1855. Mais, si le casino est majestueux, peu de clients sont au rendez-vous : la faute principalement à l’absence de desserte ferroviaire qui n’arrivera qu’en 1879. Entre temps, en 1861, s’est ouvert sur le bord de mer le Grand-Hôtel qui draine très vite un afflux conséquent de visiteurs. Six ans plus tard, à ses côtés, un nouveau casino, cette fois en pierre, vient remplacer le précédent.

 

Gd Hotel Cabourg.jpg

 

En 1885 débute la construction de la digue, longue de 3 km, aujourd’hui Promenade Marcel Proust, destinée à protéger la nouvelle station des assauts de la mer.

Bon an mal an, les parcelles trouvent preneurs et, au cours du Second Empire, d’élégantes villas entourées de jardins fleuris viennent servir d’écrin à la plage de sable uni et fin surnommée « la plage des bébés » en raison de l’air pur et vif qu’on y respire.

 

Marcel Proust.gif

 

Au début du XXe siècle, de nouveau, de vastes travaux sont entrepris à commencer en 1907 par la reconstruction du Gand Hôtel, qui prend son apparence actuelle, puis celle du casino l’année suivante. Marcel Proust (1871-1922), familier de la commune dont il se servit comme modèle pour son Balbec dans « A la recherche du temps perdu » séjournera dans ce Grand-Hôtel chaque été avec sa grand-mère de 1907 à 1914 et gardera pour la station un attachement particulier. Aux séjours qu’il y fit, les lettres françaises doivent « A l’ombre des jeunes filles en fleurs », véritable synthèse de la vie de la plage à cette époque.

Après l’ivresse des Années Folles avec ses fêtes somptueuses, ses bals au casino, ses courses de chevaux et même ses premiers meetings aériens, c’est la crise des années Trente et la guerre qui la suivit.

Le renouveau viendra d’un autre parisien, Directeur de l’Olympia. Bruno Coquatrix (1910-1979), élu Maire en 1971, attirera de grands promoteurs immobiliers mais l’urbanisation choisie épargnera les villas du centre qui demeureront préservées. 

Cabourg en 19O6.jpg

Aujourd’hui, la station a toujours la faveur d’une clientèle élégante attirée par l’immense plage de sable fin où la vue s’étend de Riva-Bella à Houlgate avec Trouville à l’arrière-plan et le cap de la Hève à l’horizon.

 

Biblio. « Pays de Normandie » – HS Littoral – Eté 1997 et « Itinéraires de Normandie » n°2 – Eté 2006.

Photos : merci aux site Vacances-Location.net, Normannia-Eu, Cabourg-pratique.com

Commentaires

Je vous complimente pour votre paragraphe. c'est un vrai état d'écriture. Continuez .

Écrit par : MichelB | 13/08/2014

Écrire un commentaire