Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

29/06/2011

Dieppe, la doyenne des stations balnéaires ou l'oeuvre de trois femmes

Nous poursuivons notre découverte des stations balnéaires normande. Aujourd’hui, Dieppe ! Dieppe, où tout a commencé ! Dieppe, la doyenne des stations balnéaires de France !  Dieppe dont la mer, le sable, les galets et la craie des falaises a attiré tant de peintres dont Boudin et Manet pour ne citer qu’eux !

 

 

PLAGE DIEPPE.jpg

 

Figure emblématique de la Côte d’Albâtre, Dieppe doit sa magnifique destinée à trois femmes : Hortense, Eugénie et Marie-Caroline !

 

 

Reine Hortense.jpg

 

 

C’est en 1813 que la première d’entre elles, la Reine Hortense (1783-1837), ci-dessus, fille de Joséphine de Beauharnais et épouse de Louis Bonaparte ex-roi de Hollande, accompagnée de ses enfants, dont le futur Napoléon III, vient pour la première fois respirer l’air iodé  de Dieppe et  profiter de son eau vivifiante. Bien sûr, les années suivantes, une partie de la Cour et de la bonne société  parisienne va les imiter et en 1822, le premier établissement de bains de mer est ouvert. Mais il faut se souvenir que ce n’est qu’à partir du début du XIXe siècle que la réputation salvatrice des bains de mer atteint les salons parisiens ! Alors que Dieppe, plage la plus proche de la capitale, était déjà très fréquentée à l’époque par la haute société anglaise, inconditionnelle de la baignade curative depuis le XVIIe siècle.

 

 

Princesse-eugenie.jpg

 

 

Grâce à la seconde,  Eugénie de Montijo (1826-1920) (ci-dessus) et à son époux l’Empereur Napoléon III, qui vont choisir la Côte d’Albâtre pour leur voyage de noces, le chantier naval est transféré dans l’arrière-port et les huit hectares de l’esplanade font place à un magnifique jardin à l’anglaise.

 

 

Duchesse de Berry.jpg

 

 

Mais le véritable lancement de la mode balnéaire, on le doit à la troisième, Caroline de Bourbon-Siciles (1798-1870)(ci-dessus), épouse de Charles Ferdinand d’Artois, Duc de Berry et fils de Charles X. En 1824, la belle Marie-Caroline arrive à Dieppe. Elle réside à l’Hôtel-de-Ville aménagé à grands frais pour l’occasion. Comme elle a le sens du spectacle, elle y fait une entrée fastueuse, au son du canon, et entraîne derrière elle artistes et gens du monde. Les excursions et les réceptions remplissent ses journées. Elle se baigne aussi et chacun de ses bains est une cérémonie haute en couleur ! La Duchesse du Berry y est toujours accompagnée soit du maire de la ville soit du médecin inspecteur du bain, tout deux entrant dans l’eau en habit de cour, sous le regard vigilant des « baigneurs-jurés », ancêtres de nos maîtres nageurs. Le bain de mer est alors avant tout thérapeutique et les eaux au pied des falaises du Pays de Caux ont une solide réputation. Elles auraient notamment guéri Henri III  de « certaines gales dont il était travaillé » et sauvé la petite chienne d’Henri IV malencontreusement mordue par un chien enragé.

En 1850, les premiers trains en provenance de la capitale vont contribuer encore au succès de la station balnéaire dieppoise. Mais progressivement, les riches parisiens vont délaisser des galets cauchois au profit  de la douceur des sables de la Côte Fleurie…

 

 

Esplanade Dieppe.jpg

 

 

Aujourd’hui, sur l’esplanade dominée par le Château-Musée, face à la plage qui s’étend sur près de 2 km, les crinolines ont fait place aux Cerfs-volants. Ils font le bonheur de tous, petits et grands, venus s’aérer sur le Boulevard Foch aménagé en promenade maritime. 

 

Biblio. « Les stations balnéaires de la Côte Normande » HS « Pays de Normandie » 1997.

 

26/06/2011

Qui a eu cette idée folle un jour d'inventer l'école ?

Non ! Ce n’est pas Charlemagne ! Car l’école existait déjà bien avant lui ! Chez les Egyptiens, les Grecs, les Romains et les Gallo-romains !

Non, ce n’est pas Charlemagne mais le contexte de son époque ! L’ère mérovingienne, à la fin du Haut Moyen-âge, est d’une si grande médiocrité, les lieux d’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul sont devenus si rares en cette fin du VIIIe siècle, que, bien souvent même le clergé est illettré ! 

Couronnement de Charlemagne.jpg

  

Le sacre de Charlemagne en l'an 800

 

Charlemagne, Roi des Francs depuis 771, dont la langue maternelle est le francique, parle couramment le Grec et le Latin. Il aime la grammaire… mais il ne sait pas écrire !  Ce n’est pas faute d’avoir essayé et d’essayer aussi souvent que possible. On raconte qu’il cachait sous son lit une écritoire et une plume avec laquelle il tentait de tracer des lettres. En vain ! Sous ses grosses mains plus habituées à tenir l’épée et à pourfendre le Saxon, la plume s’écrase lamentablement ! C’est peut être par ce qu’il a appris à écrire que très tardivement, qu’il n’en a jamais réellement maîtrisé la technique ! Comme il est intelligent, il s’aperçoit très vite que pour gouverner son vaste Empire, il a besoin de fonctionnaires qualifiés et de moines instruits dignes d’exercer un contrôle politique et de propager la foi chrétienne dans ses provinces. C’est pourquoi il crée dans un premier temps et dans son propre palais une école destinée à ses serviteurs afin qu’ils soient en capacité de rédiger des rapports. Puis, par un capitulaire de l’an 789, sur les conseils de son précepteur Alcuin (735-804), il ordonne à son clergé d’ouvrir sur tout le territoire de l’Empire des écoles pour tous les enfants, quelle que soit leur classe sociale et cela « sans exiger de leurs parents aucune redevance ». L’école pour tous, élémentaire, gratuite et obligatoire est née ! Faite pour accueillir les enfants dès leur 7ème anniversaire, ceux-ci y apprennent à chanter, à lire et à compter, sans oublier la grammaire et bien sûr le latin.

 

Ecole de Charlemagne.gif

 

 

Charlemagne rendant visite aux écoliers par P. Lehugeur - XIXe siècle

 

Les meilleurs d’entre-eux sont ensuite admis dans des classes supérieures dépendant des monastères.

Quant à notre Empereur à la barbe fleurie, afin de lui permettre de signer autrement que d’une simple croix, Eginhard (775-840), son biographe et homme de confiance, lui apprend à tracer son monogramme, lequel contient toutes les lettres de son nom (Charles ou « Karolus » en latin). Les consonnes sont sur les branches de la croix, les voyelles contenues dans le losange central : « A » en haut, « O » est formé par le losange et « U » la moitié inférieure.

 

 

Monogramme Charlemagne.jpg

 

Bonnes vacances à tous les écoliers, petits et grands !

 

Biblio. « L’histoire de France pour les nuls – Historia n°104 – Nov-Dec 2006

Image : Merci au site www. histoire-fr. com

07:50 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)

22/06/2011

1974 : la majorité est fixée à 18 ans !

Bon an, mal an, poursuivant notre balade à travers l’histoire de l’état civil de notre pays, nous voici arrivés au XXe siècle. Et déjà en 1974. Cette année-là, Valéry Giscard d’Estaing succède à Georges Pompidou à la tête de l’Etat.

 

 

VGE.jpg

 

 

Le pays compte 450 000 chômeurs et l’inflation est supérieure à 15%. Quant à la société française, elle est en pleine mutation. « La famille dévient de moins en moins le lieu de l’autorité, et, entre les parents, de la division de l’autorité. Le père-chef abdique non seulement parce qu’il est dépassé, mais parce qu’à l’intérieur du couple son rôle glisse, change… 

 

 

La gifle 1974.jpg

 

C’est dans ce contexte qu’est promue le 5 juillet 1974 la loi fixant à 18 ans l’âge de la majorité. Elle stipule dans son article 1er que :

« Le mineur est l’individu de l’un ou de l’autre sexe qui n’a point encore l’âge de 18 ans accomplis. La majorité est fixée à 18 ans accomplis ; à cet âge, on est capable de tous les actes de la vie civile. »

Tous les actes de la vie civile, c’est à dire exercer, sans l’accord de ses parents ou de ses tuteurs, ses droits matrimoniaux, civiques et politiques.

Au fil du temps, ce droit a varié tant selon les époques que les régions ou le sexe de la personne.

Sous l’Ancien Régime, d’une façon générale, l’âge théorique de la majorité est de 25 ans.

Avec cependant quelques nuances. D’abord selon le sexe : l’Ordonnance royale de Blois de 1579 place à 30 ans la majorité matrimoniale pour les hommes, espérant ainsi préserver davantage les biens familiaux dont ils pourraient hériter…

 

 

MARIAG~1.JPG

 Mariage du Duc de Bourgogne le 7 décembre 1697 - Tableau de A. Dieu

 

Et selon les régions également : ainsi, le Parlement de Normandie à Rouen décrète en 1666 que toute personne née en son territoire est majeure à 20 ans, alors qu’en Bretagne, le fils reste jusqu’à 60 ans sous l’autorité du père, à moins de se marier avec son consentement, ce qui l’émancipe !

Et aussi selon les droits exercés : dans le Poitou, les enfants célibataires restent soumis au père toute leur vie, mais peuvent rédiger librement leur testament à partir de 20 ans.

S’agissant du mariage, depuis le Moyen-âge, l’Eglise reconnaît comme valides les mariages contractés même sans le consentement des parents à partir de 13 ans pour les garçons et 11 ans et demi pour les filles. Si le Concile de Trente confirme cette position, en France, cela ne convient ni au pouvoir royal, ni aux grandes familles soucieuses d’éviter les mésalliances. Un décret royal de 1556 subordonne donc le mariage des enfants mineurs à l’autorisation des parents. Et pour faire bonne figure, en 1579, on porte l’âge de la majorité à 30 ans pour les fils et à 25 ans pour les filles. Ces dispositions sont renforcées en 1639 avec l’obligation de publier 3 bans et d’entourer le prêtre de 4 témoins au moins.

A la Révolution, suite à la loi du 20 septembre 1792, la majorité pour l’ensemble des droits et pour les deux sexes est acquise à 21 ans.

Le Code civil de Napoléon renforce l’autorité du chef de famille. Si, pour les droits civiles, la majorité reste à 21 ans pour les deux sexes, il ne permet plus les mariages qu’à partir de 15 ans pour les filles et 18 ans pour les garçons, avec autorisation parentale. La majorité matrimoniale permettant de convoler librement n’est acquise qu’à 21 ans pour les filles et 25 ans pour les garçons.

 

 

Mariage Bénard.JPG

 Mariage de mon grand-oncle Gustave Bénard né le 7 juin 1899, frère de ma grand-mère Blanche (sosa 7).

 

Le XXe siècle abaissera l’âge de la majorité et celui à partir duquel il est possible de se marier.

Une première fois, par la loi du 21 juin 1907 qui porte à 21 ans la majorité matrimoniale pour les deux sexes. Puis en 1974 : cette fois l’âge de la majorité des hommes comme celle des femmes est ramenée à 18 ans et pour l’ensemble des droits.

  

* Dominique Desanti, Le Monde, avril 1973.

Biblio : L’Age de la majorité – Généalogie facile – Hachette