08/10/2011

Vernon et la cerise : toute une histoire !

Vernon est une jolie petite cité Euroise située aux portes de la Normandie, au carrefour des lignes Paris-Rouen et Evreux-Beauvais, dans la vallée de la Seine, non loin du confluent de l’Epte. Elle est née au IXe siècle de la volonté de Rollon, Premier Duc de Normandie. 

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Vernon au XIXe siècle – La Collégiale et la maison dite du Temps Jadis

 

L’ancienne paroisse de Bizy, rattachée à Vernon en 1791, était il y a très longtemps un village couvert de vignobles et de moulins.

 

 

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  Château de Bizy - Vernon

 

Avant la dernière guerre, sur ce quartier, s’étalaient nombre de vergers. On y récoltait à profusion des prunes, des groseilles, du cassis et surtout des cerises. Les hommes assuraient la cueillette des fruits, les femmes les plaçaient dans des cageots tapissés de papier blanc. Ensuite, ceux-ci pesés, ficelés et étiquetés prenaient le chemin de la gare à destination des Halles de Paris où les bigarreaux de Vernon étaient des plus côtés.

 

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La saison des cerises s’étalant de la fin mai jusqu’en octobre selon les espèces, les normands de Bizy diversifiaient en conséquence leur production : aux cerises noires hâtives, aux précoces de Rivers, ou aux Guignes de mai à la pulpe douce et sucrée, succédaient les bigarreaux, la belle de Chatenay, l’Impératrice Eugénie et les griottes de Montmorency.

Présente en Europe 3000 ans avant notre ère, si la cerise a été appréciée chez nous dès le Moyen-âge, c’est le Roi Louis XV, grand amateur de ce fruit, qui en encouragea la culture et favorisa le développement de nouvelles variétés. Aujourd’hui, plus de deux cents variétés de cerises sont vendues sur les marchés européens.

Quant à Vernon, elle organise chaque année au printemps et pour le bonheur de tous, sa « Foire aux cerises ».

Et comme toujours, pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici une recette traditionnelle, un grand classique de la gastronomie française, qui se déguste à Noël mais se prépare l’été précédent : la « Confiture du vieux garçon* » » qui n’est pas vraiment une « confiture ». Voyez plutôt :

 

 

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Il vous faut 2 litres de Calvados ou d’alcool blanc, 1 kg de sucre par kilo de fruits, 1 kg de fraises équeutées, 1 kg de cerises équeutées, 1 kg d’abricots coupés en 2 et dénoyautés,  groseilles, framboises, pêches, poires, raisin, prunes, figues… le tout dénoyauté, épluché et coupé en morceaux.

Versez l’alcool dans une jatte en terre aux premiers fruits murs de l’année en commençant par les fraises, couvrez-les de sucre, fermez la jatte et attendez la pleine maturité des cerises pour les ajouter, couvrez-les de sucre, fermez la jatte en procédant de la sorte jusqu’aux figues, c’est-à-dire jusqu’en octobre.

Laissez macérer les fruits jusqu’en décembre. Dégustez-les, après le café, comme vous le feriez pour des fruits à l’eau-de-vie. A consommer cependant avec modération…

Bon appétit !

 

*« Almanach des traditions et de la gourmandise » – France-loisirs - 2007

Merci aux sites foire-aux-cerises. fr et club.doctissimo.fr.

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