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02/04/2011

Trois fois mort, enterré, et, par la grâce de Dieu, ressuscité !

Laissez moi vous conter l’étrange destinée de François de Civille, jeune militaire normand né à Rouen le 12 avril 1537.

En l’an de grâce 1562, âgé de 25 ans, il est Capitaine, à la tête de cent hommes d’armes du parti calviniste mené par le Comte de Montgomery.

 

 

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Gabriel de Lorges, Comte de Montgommery (1530-1574)

 

Imaginez-vous : nous sommes à l’automne, le 15 octobre précisément. Les guerres de religion déchirent la France. C’est la deuxième année du règne du jeune roi Charles IX qui n’a alors que 12 ans. Catherine de Médicis, sa mère, est régente.

  

Catherine de Médicis et ses enfants.jpg

 Catherine de Médicis et ses enfants

 

Le constat qu’elle fait est sans appel : une à une, les villes de son royaume basculent dans le camp protestant. En Normandie, c’est maintenant le cas du Havre, occupé désormais par les anglais rejoints par les protestants français. Alors, il faut agir et vite !

Ce jour-là, aux portes de Rouen, l’armée royale est bien décidée à venir à bout de ces Huguenots à qui rien ne semble faire peur. Car, derrière les remparts de la ville de Rouen, entre la Porte Saint-Hilaire et les fourches de Bihorel, les calvinistes normands ne lâchent rien !

François de Civille est de ceux-là. Quant il est touché à la tête d’une balle d’arquebuse qui le laisse pour mort, ses compagnons balancent son corps maculé de sang par-dessus les murs. Au matin, son fidèle valet, soucieux de donner à son maître une sépulture décente, se rend sur les lieux. Parmi les corps entremêlés et partiellement recouverts, il voit une main et y reconnaît la bague de Civille. Vite, son maître est inerte mais pas encore raide ! Il le transporte sur son dos jusqu’au Couvent Sainte-Claire où on lui donne quelques soins. De retour chez lui,  à l’Hôtel de Coquereaumont, durant cinq jours, le blessé ne donne aucun signe de vie. Un barbier décide de placer un drain sur la plaie de son visage pour en évacuer le pus. Et pendant qu’on y est, on lui fait avaler de force un bouillon gras. Et, contre toute attente, Civille revient à lui…

Mais dehors, les combats s’intensifient : les troupes royales pillent, volent, violent et tuent !

Arrivés dans la maison de ce pauvre Civille bien mal en point, les soudards le jettent sans ménagement par la fenêtre…. Où quelques mètres plus bas, un tas de fumier providentiel amortit sa chute. Trois jours plus tard, c’est là que le retrouve son jeune frère Jean. Très affaibli, très assoiffé, mais toujours vivant ! On le transporte au Château de Croisset à quelques lieues de Rouen où il finit par se remettre totalement de sa blessure dont il ne garde peu de séquelles : une légère surdité et l’impossibilité de se servir du petit doigt de sa main droite dont le tendon a été sectionné par la balle qui l’a blessé au visage.

Plus tard, devenu député de la Normandie, il prend l’habitude de signer « François Civille, trois fois mort, enterré, et par la grâce de Dieu, ressuscité. »  Trois fois ? Oui, car, avant même sa naissance, il avait été une première fois jugé mort et enterré : sa mère, ayant rendu l’âme au moment de lui donner le jour, aurait été ensevelie avant qu’on l’accouche. C’est sur ordre de son père, absent au moment des funérailles, que le corps exhumé aurait été délivré d’un enfant vivant !

François Civille s’éteignit  le 26 décembre 1610 à Fontaine-le-Bourg (Seine-Maritime) à l’âge de 80 ans. Cet homme qui avait survécu à la blessure d'une balle d'arquebuse mourut d'une flèche de Cupidon ! Amoureux, il aurait roucoulé toute une nuit d’hiver sous les fenêtres d'une belle... Du coup de froid pris ce soir là, il ne se remit pas ! 

 

 

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Biblio. « L’extraordinaire histoire de Civille » G. Nedellec – L’Almanach du Normand - 2004

Commentaires

Je vous vante pour votre exercice. c'est un vrai travail d'écriture. Développez .

Écrit par : invité | 12/08/2014

Je vous applaudis pour votre exercice. c'est un vrai exercice d'écriture. Développez .

Écrit par : invité | 12/08/2014

Mon ancêtre François de Civille :)

Écrit par : Nico | 15/10/2014

Les commentaires sont fermés.