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26/03/2011

La redingote grise de Napoléon

 

REDINGOTE NAPOLEON.JPG

 

Quel est le point commun entre la redingote grise de Napoléon et la Normandie ? Reponse : l'activité drapière de la Ville de Louviers !

Cette redingote, voilà bien encore un trait de génie de l'Empéreur ! Il avait compris que gagner des batailles, fonder des royaumes et bouleverser l’Europe ne suffirait pas à sa gloire et qu’ « Il fallait qu’il imprimât dans l’esprit de ses contemporains, dans l’imagination des siècles à venir, une image de lui qui ne fut point banale, une silhouette personnelle, étrange et simple pourtant, quelque chose qu’on n’avait jamais vu et qui cependant, n’eût rien de théâtral ni de luxueux. Sur l’uniforme des grenadiers à pied de la garde qu’il portait ordinairement, habit à collet bleu foncé, parements, revers et retroussis blancs, il eut cette idée de mettre une simple redingote de bon bourgeois aisé, une redingote en drap gris. Cette bizarrerie qui, chez tout autre,  eût paru ridicule, obtint le succès que l’on sait ; l’imagination populaire ne connaît pas Napoléon dans son pompeux costume du sacre, elle a oublié l’habit de velours rouge à boutons de diamants du premier Consul ; pour elle, l’Empereur n’est vraiment l’Empereur qu’avec la redingote grise et le petit chapeau. » 

 

   napoleon_aux_invalides.jpg

 

Et donc, cette redingote grise, aux entournures des manches fort larges, afin qu’on pût la retirer ou la mettre sans enlever les épaulettes qui y étaient fixées, a été taillée pour l’Empereur dans une pièce de drap fin de Louviers, notre cité normande traversée par sept bras de l’Eure dont, pendant près de 1000 ans, l’activité textile a été le fer de lance !

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                                                            Ancien métier à tisser - Musée de Louviers

Si la production lovérienne de toile de lin et de drap de laine remonte au Moyen-âge, on situe le point de départ de la tradition drapière dans cette ville à 1681, date de l’instauration d’une manufacture royale consacrée à la confection de draps fins en laine. A cette époque, 1900 ouvriers travaillent dans cette infrastructure d’un type nouveau comptant pas moins de 60 métiers. Dès le début du XVIIIe siècle, les fabriques de drap se multiplient dans la ville Euroise. En 1760, elle compte 16 fabricants, 210 métiers et produit annuellement 2900 pièces de drap d’une valeur d’un million de livres. En 1776, c’est la construction de la manufacture Decrétot, rue de l’Hôtel de ville, qualifiée par A. Young de « première fabrique de drap du monde ». Après l’introduction de la mécanisation et l’énergie hydraulique dans le travail de la filature, on compte en 1792, jusqu’à 300 métiers et 5700 ouvriers !  Cette prospérité va perdurer jusqu’au milieu du XXe siècle. Après la seconde guerre mondiale, la page de la ville drapière se tourne définitivement. La dernière entreprise cesse son activité fin 2002.

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De ce riche passé de l’industrie textile de la Ville de Louviers, il ne reste aujourd’hui que bien peu de chose. Une salle spécialisée au Musée de la Ville et… à Paris, au Musée de l’Armée sur le site de l’Hôtel des Invalides, la précieuse redingote grise de Napoléon !

Biblio. « La redingote grise » de G. Lenotre – Historia n° 167 – Oct. 1960 et un merci au site de la Société d’Etudes Diverses de Louviers et de sa région.

 

09:36 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Je vous complimente pour votre critique. c'est un vrai exercice d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : invité | 12/08/2014

Je vous complimente pour votre critique. c'est un vrai charge d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : invité | 12/08/2014

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