15/06/2011

L'Ecorché d'anatomie du Docteur Auzoux

Le nom du Docteur Auzoux ne vous dit peut être rien. Pourtant, non seulement en France, mais partout dans le monde, nombre de médecins ont construit leurs connaissances en anatomie grâce au génie de ce normand, né le 7 avril 1797 à Saint-Aubin d’Escrosville, petite commune du département de l’Eure, située près du Neubourg.

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                                           Acte de naissance de Louis Thomas Jérôme Auzoux

Car c’est à ce médecin normand que l’on doit les « écorchés », reproductions en carton-pâte des éléments d’anatomie utilisés par des générations d’étudiants en médecine du monde entier pendant près de 150 ans.

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                                                                         Portrait du Docteur Auzoux

Quand ce fils de cultivateurs, intelligent mais aussi très doué pour le travail manuel,  monte à Paris étudier la médecine, il est, après avoir réussi le concours d’externat, affecté à l’Hôtel-Dieu dans le service du Professeur Dupuytren auprès duquel il s’enthousiasme très vite pour l’anatomie.

A cette époque, sans chambre réfrigérée, la conservation des cadavres, sur lesquels les étudiants apprennent leur futur métier, est très difficile. Notre normand a alors l’idée de reproduire très fidèlement toutes les pièces anatomiques nécessaires à l’étude. Travailleur acharné, il ne ménage ni son temps ni sa peine, et, dès 1822, ses premiers écorchés d’anatomie en carton participent à la formation des médecins du monde entier.

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Les modèles sont très vite fabriqués en série, selon une technique minutieuse avec une pâte spéciale faite de colle de farine, de papier déchiré menu, de blanc de Meudon et de poudre de liège. Les pièces sont moulées dans des moules en plomb, assemblées à l’aide de fil de fer, ajustées, collées à la colle de poisson, « ébavurées », poncées et « rapapillotées » avec une seconde peau en papier de mûrier. Les vaisseaux sont fabriqués avec du fil de fer, recouverts de filasse rouge ou bleue, piqués et collés sur le carton. L’aspect fibreux des muscles est obtenu avec un  pinceau écrasé en éventail plongé dans la peinture rouge. Les nerfs sont en chanvre. Le tout est plus vrai que nature ! Un écorché de 100 pièces demande 6 mois de travail. Et il faut savoir qu’un écorché de corps humain compte près de 2 000 pièces numérotées.  50 personnes sont donc employées à la tâche.

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Au fil des années, les Etablissements Auzoux de Saint-Aubin d’Ecrosville élargissent leurs productions aux mondes animal et végétal. Des pièces sont exportées dans le monde entier, non seulement dans les facultés de médecine, mais aussi dans les écoles vétérinaires, les lycées et les collèges.

C’est l’arrivée de la résine synthétique dans les années 80 qui sonne le glas du carton-pâte et du Laboratoire.

Le Musée de l’Ecorché d’anatomie du Docteur Auzoux a ouvert ses portes en 1995 au Neubourg.

Biblio. et photographies : « Le musée de l’Ecorché d’anatomie du Dr Auzoux » par F. Dubosc – La revue du praticien – 31 octobre 2006 et le site du musée.

 

Commentaires

Je vous félicite pour votre éditorial. c'est un vrai état d'écriture. Développez .

Écrit par : cliquez ici | 11/08/2014

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