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07/05/2011

Passe ton bac d'abord !

Chaque année, à l’approche du mois de Juin, c’est l’effervescence : le Bac est de retour ! Et avec lui les interminables révisions, la fabrication des éventuelles « carottes », les recommandations des enseignants et les inévitables conseils des parents inquiets.

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C’est à Napoléon et à son décret impérial du 17 mars 1808 que l’on doit dans notre pays l’organisation de l’Université, le contrôle et le monopole de l’Etat sur l’enseignement public, son corps enseignant et ses grades qui sont alors au nombre de trois : le baccalauréat, la licence et le doctorat.

La première promotion du baccalauréat compte 31 bacheliers ! Mais saviez-vous que c’est seulement en 1861, le 16 août, qu’il fut décerné pour la première fois à une femme ?

A l’origine, ce diplôme certifie une culture classique et littéraire comprenant le maniement de la rhétorique et des langues anciennes. Puis, au fil du temps, il se modernise et s’ouvre à d’autres disciplines comme les sciences et les langues vivantes.

Si aucun texte officiel n’empêche alors les femmes de briguer le titre de bachelière, il ne serait venu à l’esprit d’aucun responsable d’Université de les autoriser à passer cet examen  de fait strictement réservé aux hommes !

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Julie Victoire Daubié, une vosgienne née à Bains-lès-Bains, le 26 mars 1824, va oser braver les interdits. Autodidacte, elle étudie le grec et le latin et se forme à la zoologie.  Après avoir déposé plusieurs candidatures aux épreuves du baccalauréat, notamment auprès l’Université de Paris, toutes refusées au seul prétexte qu’elle est femme, elle finit par obtenir satisfaction grâce à de forts appuis, en 1861 à Lyon. Elle y obtient sans difficulté le titre espéré en totalisant six boules rouges, trois boules blanches et une boule noire. Car c’est par ce système de boules que votaient alors les professeurs examinateurs : une boule rouge signifiait un avis favorable, une boule blanche, une abstention et une boule noire un avis défavorable.

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Devant un jury masculin, l'étudiante se présente à l'examen de mathématiques pour le baccalauréat - Illust. 1893

Le ministre de l’Instruction publique, Gustave Rouland, refuse toutefois de signer son diplôme, craignant de « ridiculiser » l’Université française. Il faut une campagne de presse et une intervention de Napoléon III lui-même, pressé par l’Impératrice Eugénie, pour qu’enfin, sept mois plus tard, Julie Victoire Daubié se voie reconnaître à l’âge de 37 ans sa qualité de première bachelière de l’enseignement supérieur !

Si la voie est désormais ouverte aux femmes, le chemin sera toutefois encore long car ce n’est qu’en 1924 que le baccalauréat leur deviendra accessible dans des conditions identiques à celles des hommes. 

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Quant à Julie Victoire Daubié (photographie ci-dessus), après avoir obtenu en 1871 une Licence Es Lettres, elle mena en parallèle une carrière d’enseignante, d’écrivain et de journaliste, avant de s’éteindre le 26 août 1874 à l’âge de 50 ans alors qu’elle travaillait à une thème de doctorat sur le thème de « La femme dans la société romaine ».

Biblio. « 100 idées reçues sur les femmes dans l’histoire » -Le Point –Historia HS Mars-Avril 2011 - Article de Ch. Giol.

07:27 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

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