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12/03/2011

Les registres matricules

Toujours en balade dans l’histoire de l’Etat civil de notre pays, nous voici, comme le temps passe, à la fin du XIXe siècle, c’est-à-dire en 1867.

A un Empereur à succéder un autre Empereur ! Napoléon III, neveu du premier, est donc maintenant au pouvoir et cela depuis près de vingt ans déjà !

NAPOLEON III.gif

                                                    Napoléon III, Empereur des Français (1808-1873)

A la veille de la guerre franco-allemande de 1870, une succession des revers internationaux conduisent le souverain à engager une réforme de l’organisation militaire et notamment les modalités de recrutement en supprimant ses aspects inégalitaires et injustes.

Rappelons-nous, la Révolution française a rompu avec le système de la milice en développant  l’idée d’un service militaire obligatoire. En 1798, en application de la loi Jourdan, tous les hommes âgés de 20 à 25 ans sont susceptibles d’être appelés en fonction des besoins pour un service d’une durée de 5 ans et illimité en temps de guerre : c’est la conscription (V. ma note du 19 octobre 2010).

Au fil du temps, cette loi va cependant faire l’objet de quelques aménagements. En 1800, le remplacement est admis. Il permet aux fils de bonnes familles d’ « acheter » » un remplaçant.  En 1803, on crée le tirage au sort : ceux qui tirent un bon numéro sont tout simplement dispensés de service militaire. Et en 1818, c’est la conscription qui est abolie et remplacée par l’appel : un recrutement par voie d’engagements volontaires, complété, en cas d’insuffisance, par l’appel de conscrits désignés par tirage au sort.

Et, c’est dans ce contexte que sont mis en place en 1867 les registres matricules, éléments précieux pour nous les généalogistes, car les renseignements qu’ils délivrent sont d’importance.

T.A. REGISTRES MATRICULES.jpg

                                                                                Table alphabétique

Etablis à la suite du recensement militaire, donc selon le domicile du soldat et non selon son lieu de naissance, les registres matricules sont assortis d’une table alphabétique permettant de retrouver le numéro matricule attribué à chaque conscrit. De lors, il est possible de consulter la fiche individuelle du soldat.

LIVRET MILIT..JPG

Elle contient de nombreuses informations sur le parcours militaire de celui-ci (différentes  affectations, grades, unités, éventuelles blessures et décorations) mais aussi sur son état civil, son degré d’instruction, ses adresses successives. De plus, une description physique pallie le manque de photographie (taille, couleur des yeux, des cheveux, etc…)

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                                          Fiche matricule de mon grand-père Henri JULIEN (sosa 6)

Les registres matricules et leurs tables sont conservés au Bureau central des Archives administratives militaires puis versés dans la série R (affaires militaires) des archives départementales.  A consommer sans modération !

Pour la petite histoire, la réforme ambitieuse voulue par l’Empereur pour professionnaliser l’armée a été considérablement dénaturée par les parlementaires en majorité hostiles. Adoptée le 1er février 1868 avec tant de modifications, dont le maintien du tirage au sort et du remplacement, elle a révélé très vite son inefficacité. Ainsi, en 1870, il n’a fallu qu’un mois à l’ennemi pour anéantir notre armée…  C’est ce que redoutait Napoléon III qui avait cité, dans l’exposé des motifs de son projet de loi, la phrase de Napoléon Ier « Un pays ne manque jamais d’hommes pour résister à une invasion ou soutenir une grande guerre, mais il manque souvent de soldats… »

Histoire à suivre

Biblio. « Les registres matricules – Le blog Généalogie - Généanet 

 

Commentaires

je lis avec beaucoup d'intérêt tous ces articles, d'autant que toute ma branche maternelle vient de Normandie, Eure et Seine Maritime, et ce jusqu'en 1600 environ, date à laquelle je suis remontée. Une anecdote concernant ces registres de matricules : j'ai fait la demande des fiches de matricule des mes ancêtres (arrière et arrière arrière grand père) et ai découvert qu'ils étaient (je cite) "blond roux" tous les deux. sans doute l'explication de ma couleur de cheveux dont je suis la seule héritière, ce qui m'a apporté un apaisement certain. Merci La Grande Muette _
... et merci pour tous ces articles que je lis avec plaisir...
dominique

Écrit par : dominique | 27/04/2014

je lis avec beaucoup d'intérêt tous ces articles, d'autant que toute ma branche maternelle vient de Normandie, Eure et Seine Maritime, et ce jusqu'en 1600 environ, date à laquelle je suis remontée. Une anecdote concernant ces registres de matricules : j'ai fait la demande des fiches de matricule des mes ancêtres (arrière et arrière arrière grand père) et ai découvert qu'ils étaient (je cite) "blond roux" tous les deux. sans doute l'explication de ma couleur de cheveux dont je suis la seule héritière, ce qui m'a apporté un apaisement certain. Merci La Grande Muette _
... et merci pour tous ces articles que je lis avec plaisir...
dominique

Écrit par : dominique | 27/04/2014

Merci Dominique pour ce commentaire et ces compliments qui me touchent.
Quand au "blond-roux", le "blond vénitien" comme le qualifiait ma grand-mère, c'est effectivement une signature viking !
Bravo également pour votre site que je suis allée visiter.
Belle journée à vous !
Cathy

Écrit par : Cathy | 28/04/2014

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