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21/12/2010

Une normande aux yeux bleux...

Si je vous dis qu’elle est normande, qu’elle a les yeux bleus, qu’elle était jadis l’invitée de marque des repas de Noël ?...

Si j’ajoute qu’elle est  souvent citée dans les légendes populaires de notre province…

Ou bien encore qu’elle est plus petite et moins grasse que ses cousines toulousaines ou alsaciennes…  

Que menacée encore il y a peu de disparition, elle est aujourd’hui de retour dans les fermes de Normandie…

Que c’est un palmipède au plumage gris et blanc pour la femelle et blanc pour le mâle …

Oies normandes 2.jpg

Mais oui, bien sûr, je veux vous parler de l’oie normande dite « l’oie aux yeux bleus ». D’allure élégante, elle est issue de différents croisements mais a conservé de son aînée, l’oie cendrée européenne, aussi appelée oie commune, qui peuplait autrefois notre région, nombre de caractéristiques.

Jules César Scaliger.jpg

Si l’on en croit Alexandre Dumas*, le médecin et célèbre érudit Jules César Scaliger (portrait ci-dessus) (1484-1558), avait pour ces palmipèdes une tendresse toute particulière. Il les admirait tant au physique qu’au moral. « L’oie, disait-il, est le plus bel emblème de la prudence ; les oies baissent la tête pour passer sous un pont, si élevées que soient ses arches ; elles sont pudiques et raisonnables à ce point qu’elles se purgent elles-mêmes sans médecin lorsqu’elles sont malades. Elles sont si prévoyantes que, lorsqu’elles passent sur le mont Taurus, qui est rempli d’aigles, elles ont soin, connaissant leur humeur bavarde, de prendre chacune une pierre dans leur bec, pour éviter, en se gênant ainsi, de former des sons qui les feraient découvrir de leurs ennemis. »

Avant de conquérir l’ensemble de notre province par sa chair dense et exquise, l’oie normande était principalement élevée dans le département de la Manche dont elle était originaire. Au début du XXe siècle, sa qualité gustative va la faire apprécier de nos voisins britanniques. Alors, au départ de Cherbourg, on voyait des troupes entières d’oies normandes soigneusement élevées se diriger vers l’Angleterre pour célébrer leur « Christmas » !

Gardienne d'oies.jpg

                               "La gardienne d'oies" de Th. Cotard-Dupré

Comme elle aime la vie au grand air et qu’elle se nourrit principalement d’herbe et de pommes, sa chair tendre, délicate et juteuse fait d’elle un mets de luxe que l’on sert rôti ou braisé lors des repas festifs.

Alors si vous l’invitiez à votre table de réveillon ? Il y a bien sûr nombre de recettes d’oie rôtie à la normande. Vous en trouverez facilement dans tous les bons livres de cuisine ou bien encore sur cuisineaz.com. Celle que je vous livre aujourd’hui, pour satisfaire tous les gourmands aux babines alléchées, est issue du Dictionnaire de Cuisine du gourmet-gourmand qu’était Dumas. Il s’agit de l’Oie rôtie de la Saint-Martin.

« Désossez et farcissez une belle oie grasse de Normandie avec une purée d’oignons cuits à la graisse de lèchefrite, ajoutez à cette farce d’oignons le foie de votre volaille haché, douze chipolatas et quarante ou cinquante marrons grillés ou rôtis, bien épluchés et assaisonnés de sel et de quatre-épices ; servez-la sur une longue et large rôtie, bien imbibée de son rôtissage et légèrement assaisonnée de gros poivre et de citron. »

Oie rôtie.jpg

Bon appétit !

Commentaires

Je vous approuve pour votre paragraphe. c'est un vrai charge d'écriture. Développez .

Écrit par : cliquez ici | 12/08/2014

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